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Prince des ténèbres en soldes

Nicolas Capart

Mis en ligne le 07/07/2012

Vendredi, les Ardentes attendaient Marilyn Manson comme le messie. À défaut de trembler, finalement, on aura bien ri.

À l'entame du week-end, alors que se profilait la nuit, le public des Ardentes trépignait en attendant SA venue. Marilyn Manson, idole obscure et tatouée, s'apprêtait à marcher sur Liège et la grande scène de son festival. En coulisses, l'ambiance se mettait doucement à bouillir et chacun se plaçait utilement pour apercevoir le prince des ténèbres. Mais le sieur au prénom de sex-symbol et au nom de serial killer allait se faire attendre. Quarante-cinq minutes de retard annoncé. On dira encore des rappeurs et de leur ponctualité. Progressivement, le backstage est évacué et l'on s'occupe à déblatérer. On se dit que s'il était français, l'Américain aurait pu se nommer Brigitte Mesrine. On rit. On observe beaucoup, aussi... Partout autour de nous, les fans de l'antéchrist semblent avoir sorti leurs plus beaux atours. Finalement, l'attente prend fin. Et IL arrive

Un rideau a été suspendu devant la scène. Il tombe, et c'est d'abord Twiggy Ramirez, feu-bassiste aujourd'hui guitariste du Malin, qui foule les planches de l'Open Air Stage. Et le show commence... Si les décibels sont légion, le spectacle présenté suffit à peine à satisfaire la longue attente. Et, une fois de plus, on rit à mesure que Marilyn Manson aligne les accessoires cheap et tous plus kitsch les uns que les autres. D'abord, on est choqué de voir le chanteur – muni d'un infâme pulvérisateur – gazer les premiers rangs sans vergogne. Et l'on se souvient, amer, de notre déo confisqué la veille à l'entrée.

Sur "mObscene", Marilyn sort toute la garde-robe, et l'on admire successivement un élégant chapeau haut de forme, un beau boa fuchsia, un casque d'ouvriers à paillettes, de jolis ballons noirs, un affolant micro-couteau (idéal en cuisine) ou encore un parapluie serti de loupiottes pour se protéger de la fausse pluie. "I was in the war on drugs, obviously I didn't win". L'homme nous parle mais sa musique ne nous fait pas trembler. Le public fait un peu la moue lui aussi. Après un faux rappel, "The Beautiful People" finalement les ravit. Nous, au final, on est heureux car on a ri.

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