68 violonistes au départ

Nicolas Blanmont Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

Qui succèdera à Sergey Khachatryan, premier lauréat de la session 2005 du Concours Reine Elisabeth ? On le saura dans près d’un mois, le soir du 30 mai, à l’issue de trois semaines d’affrontements (pacifiques et musicaux, mais quand même) et de la traditionnelle semaine de mise en loge à la Chapelle Reine Elisabeth. Seule certitude : chaque candidat a un plus grand pourcentage de chances d’arriver en finales puisque, là où ils étaient 134 sur la ligne de départ voici quatre ans, ils sont à peine un peu plus de la moitié cette fois : 68, alors même qu’on en avait initialement annoncé 83.

Il ne faut toutefois voir dans cette déflation aucun effet de la crise économique : les raisons sont ailleurs. D’abord, 2005 était une de ces années où, dans un souci de politiquement correct et de transparence, on avait totalement supprimé les présélections, réintroduites depuis sous la forme d’une "épreuve" au cours de laquelle un premier jury (cette année, autour du Président Arie Van Lysbeth, Lewis Kaplan, Yuzuko Horigome, Gérard Poulet, Igor Oistrakh et PhilippeKoch) effectue un premier tri de candidats sur base de DVD. Ensuite, il est traditionnel que le nombre de candidats se présentant au tirage au sort (c’était jeudi soir) à Bruxelles soit inférieur au nombre de musiciens retenus, certains hésitant au dernier moment à franchir le pas.

Les candidats belges n’ont, quant à eux, pas hésité, et seront bien là dès lundi ou, en l’occurrence, mardi. Heureusement car ils n’étaient déjà que deux. L’un et l’autre n’en sont d’ailleurs pas à leur première prestation, puisque tant le francophone Lorenzo Gatto que la flamande Jolente De Maeyer s’étaient déjà présentés lors de la session 2005. Pour satisfaire les plus chauvins, on ajoutera aussi les noms de trois des pensionnaires de la Chapelle Musical Reine Elisabeth qui, comme Jolente De Maeyer qui l’est également, se feront un plaisir tout particulier d’aller retrouver, entre le dimanche 17 et le vendredi 22 mai, les chambres et le parc du magnifique bâtiment de Waterloo : la lettone Vineta Sareika (lundi), le Russe Leonid Smorguner (jeudi) et le l’Arménien Hrachya Avanesyan (vendredi).

Dix Russes

Sur les 68 participants, on recense comme de coutume un large contingent asiatique parmi lesquels, pour la première fois, les Coréens (14) dépassent les Japonais (9), auxquels s’ajoutent six Chinois et un Singapourien. Côté américain, ils seront trois seulement à venir des Etats-Unis, et deux du Canada. Enfin, côté Europe, la Russie, qu’on n’avait plus vue aussi bien représentée depuis longtemps, sera le pays le plus fourni avec dix violonistes. Suivent l’Allemagne avec quatre candidats chacun, la France (3), la Norvège et la Belgique (2). L’Arménie, les Pays-Bas, la Pologne, la Finlande, la Lettonie, le Kazakhstan, le Kirghizstan, la Slovaquie, la Suisse, l’Espagne et la Moldavie enverront chacun un représentant, tout comme d’ailleurs l’Australie.

Pour la première fois depuis longtemps, il y a plus d’hommes (38) que de femmes (30), et encore doit-on à la Corée (13 candidates féminines sur 14 violonistes) d’avoir fourni près de la moitié de cet effectif.

Pour le premier tour qui se déroulera toute la semaine prochaine, les candidats joueront une vingtaine de minutes, avec l’inévitable caprice de Paganini (chacun a dû en préparer trois), le traditionnel extrait d’une des trois sonates de Bach et, spécificité de cette année, un mouvement du premier concerto de Bartok. Pour ce dernier, ils seront accompagnés soit de leur pianiste personnel, soit d’un des quatre pianistes du Concours : Tobias Koch, Eliane Reyes et, nouveaux venus, Scott Faigen et Thomas Hoppe.

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