A Couleur Café, on y danse, on y danse...

Sophie Lebrun Publié le - Mis à jour le

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Musique / Festivals

On a coutume de comparer les gros festivals musicaux à des marathons, tant ils proposent de longues journées, des affiches bien remplies et, au final, des kilomètres à parcourir. Quoi qu’il en soit, pour une partie du public particulièrement dynamique, bien décidée à danser et encore danser, une journée de festival peut s’avérer très sportive. Or, à Couleur Café, tous les prétextes semblent bons pour se trémousser. On a pu le vérifier samedi - une journée affichant complet.

Rien de tel qu’une petite mise en jambes, l’après-midi, avant d’attaquer les concerts. Direction le chapiteau Dance Club, petit, mais costaud pour ce qui est de l’ambiance. Les cours de danse en tous genres s’y enchaînent sans temps mort toute la journée, prodigués par des professionnels très énergiques. Là, c’est l’heure du reggaeton. On joue des coudes, on roule des poignets, on se délie les mollets. Un échauffement bienvenu, car le concert du groupe français Caravan Palace qui suit - au final le meilleur de la journée - se révèle explosif. Le mélange de swing/jazz manouche et d’électro, d’instruments au son chaud (clarinette, violon, vibraphone ) et de sons synthétiques et beats endiablés, fait mouche. Sans compter la gouaille de la chanteuse Zoé Colotis, qui embarque ses compères dans un pas de danse façon "The Artist". Classe et décoiffant. Belle ambiance aussi au Phoenix, où La Chiva Gantiva, groupe colombiano-belge (notamment), sème sa fiesta.

Allez, on garde le rythme, et on se souvient que ce samedi, c’est le Tour de France à Liège. Hop, un petit tour au module "Bike and drink" : en pédalant, on actionne un Manneken Pis dont le jet d’eau potable remplit un bol. Ou comment joindre l’utile au sport, là encore.

Arrivent doucement les têtes d’affiche d’une journée assez hip hop, sinon reggae. On se dérouille les mandibules en criant en chœur "Le Peuple de l’Herbe" du groupe éponyme, et on tend le bras (doigt devant, battant la mesure) sur le refrain "Wake Up", trompette à l’appui. Cela dit, l’ambiance est plus électrique, voire électrisante, du côté de la blueswoman Beverly Jo Scott. L’occasion, pour quelques ados, de réaliser qu’entre les finalistes du télé-crochet The Voice (en concert ces derniers jours) et leur talentueuse coach, aguerrie par plusieurs décennies de scène, il y a de la marge

A 20h, les danseurs invétérés rallient la scène Move, pour l’un des "flashmobs" (une mobilisation éclair) rythmant le week-end. Au menu : une chorégraphie que les festivaliers auront pu, au préalable, visionner sur Internet.

A ceux qui ont déjà bien sollicité leurs articulations (et que dire des oreilles !), l’espace "Be Cool" tend les bras. On y propose du thé et surtout des massages. Les uns centrés sur les pieds fatigués, les autres sur tout le corps, avec bols tibétains. Qui dit garder la forme dit aussi bien se nourrir. Un passage par le Palais du Bien Manger s’impose, en témoigne cette festivalière affamée : "Je suis crevée ! Je suis tous les cours de danse. Les concerts ? Je ne sais pas qui joue aujourd’hui !".

En voilà une qui va manquer Ruzzo&Roldan. Membres d’Orishas actuellement en stand-by, les compères alignent tout de même les tubes du mythique groupe cubain. Le mariage hip-hop + musiques traditionnelles latinos (incarné par les phrasés, très différents, des deux chanteurs) fonctionne toujours bien. Mais on regrette l’absence, aux côtés du percussionniste et du DJ qui les entourent, d’autres musiciens - d’un trompettiste en particulier. Des cuivres (et percussions à foison), De La Soul n’en manque pas ce soir : le groupe de rap oldschool est accompagné du Rhythm Roots Allstars qui donne un indéniable "plus" à son flow. Les fans semblent heureux, mais on mentirait en disant que les Américains mettent la plaine sens dessus dessous.

Pour tout dire, il y a bien plus d’ambiance et de sueur au mètre carré dans le Dance Club, qui ne désemplit pas. Pour l’heure, c’est la danse Bollywood, tout en ondulations, qui occupe les festivaliers. Doués ou dadais, ils ne s’en soucient guère : l’important c’est de s’amuser. A leur arrivée sur scène, les profs sont chaleureusement applaudis.

A 23h, rassemblement dans la plaine. Couleur Café offre un spectacle audiovisuel très réussi, projeté sur la façade de la gare maritime, suivi du feu d’artifice. Voici la dernière ligne droite : cinq concerts d’après minuit qui, dans des genres différents, offrent une ultime occasion de se dérouiller les jambes. On retiendra le groupe zimbabwéen Mokoomba. Et le nom de ce DJ, qui sonne telle une évidence pour les jambes fatiguées : GrassMat.

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