Musique / Festivals Le festival This Is Pop se déroulait samedi au Zénith de la ville. Une affiche dont le dénominateur commun était la musique pop.

Samedi, nous avions rendez-vous avec la musique pop au sens où Etienne Daho l’entend. Car c’était bien lui le maître d’œuvre de l’affiche du festival This Is Pop organisé au Zénith de Lille. Au programme, rien que des amis : Moodoïd qui assure les premières parties de sa tournée qui vient de débuter, les revenants de Marquis de Sade (de Rennes) dont il est fan et qui l’ont accompagné sur scène à ses débuts, ainsi que Charlotte Gainsbourg dont on rappellera toute l’importance qu’a eue leur duo sur If pour la carrière musicale de la fille de Serge. Autant dire qu’à peine annoncée, cette affiche avait séduit et qu’on attendait beaucoup de cette journée. Surtout des deux derniers cités puisqu’ils se produiront chez nous prochainement. Charlotte Gainsbourg le 14 juillet au Cactus Festival, à Bruges. Et Daho le 4 août au festival de Ronquières, puis les 20 et 21 novembre au Forum de Liège et à l’Ancienne Belgique, à Bruxelles.

Après sa prestation remarquée aux Nuits Bota en avril, Charlotte Gainsbourg, dont l’album Rest constitue une des grosses claques de 2017, s’impose désormais comme une valeur sûre. Même verdict qu’à Bruxelles, On apprécie toujours autant mais on reste un peu sur sa fin. Cinquante-cinq minutes, c’est trop court… parce que c’est bon ! Le set est parfaitement construit. Au piano quand elle ne se cache pas derrière les structures du décor qui l’accompagne (de grands cadres qui jouent avec les ombres et la lumière), elle distille ses titres - les plus récents en majorité - aux sonorités résolument électro. L’émotion est bien présente sur scène comme dans le public lorsque se succèdent les interprétations de Kate et de Charlotte Forever. Elle dédiera d’ailleurs la soirée à sa sœur disparue. En guise de conclusion, c’est le très attendu Lemon Inceste qui résonnera. Impeccable. Surtout lorsqu’elle chante les parties autrefois dévolues à son père.

On attendait également beaucoup d’Etienne Daho dont c’était seulement la deuxième date de la tournée. En une petite heure et quart, le maître de la pop made in France a livré une prestation sans fausse note. Les quatre titres extraits de Blitz, son excellent dernier album, ont coloré le set mais ce sont les tubes plus anciens qui ont déchaîné la passion du public. Un Week-end à Rome sensuel et câlin. Puis, l’enchaînement Tombé pour la France, Le premier jour (du reste de ta vie) et Épaule Tattoo. Le décor est sobre, les jeux de lumières ont des allures de club à l’ancienne et les guitares bien présentes. En guise de final, Daho offrira Après le Blitz et Summertime. Là aussi, on en voudrait plus mais on sait également qu’il vaut mieux repartir l’eau à la bouche qu’en regardant les minutes s’égrainer sur sa montre.

Soyons honnête, il y a aussi un gros regret. Il concerne le concert de Marquis de Sade dont le son n’était pas du tout à la hauteur de la qualité des titres de leurs deux albums cultes, Dantzig Twist et Rue de Siam, sortis 79 et en 81. La basse assourdissante écrasait tout faisant de leur set quasiment une torture. Dommage…