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Après avoir involontairement déçu de nombreux fans en annulant, pour cause de batteur malade, les deux concerts de novembre dernier à l'Ancienne Belgique, Louise Attaque revenait ce 21 et 22 décembre s'acquitter de son dû. L'ambiance était donc fébrile, jeudi soir pour la deuxième prestation des Louise.

Les congés scolaires aidant, la moyenne d'âge ne dépasse pas 20 ans. Les gradins latéraux et les places assises du fond de l'AB sont noirs de monde. Pendant que certains fans discutent du concert de la veille, Karin Clercq chante ses «Petites errances» sans réellement parvenir a faire décoller l'ambiance. Difficile d'assurer la première partie d'un tel phénomène folk rock français. Après une demi-heure d'attente, c'est sur la pointe du violon, en entamant un «See you later alligator» / « A plus tard crocodile» des plus enjoué, que les Louise débarquent sur scène. Passant à la vitesse supérieure, le quatuor emmené par Gaëtan Roussel, chanteur guitariste au timbre de voix inimitable, se fend sans transition d'un « Amour» tiré de leur premier album qui emporte l'assemblée dans un tourbillon dansant festif.

Percutant et névrotique

Vient ensuite « La plume», un des rares extraits (avec « Tu dis rien» et « L'intranquillité») pioché dans leur dispensable deuxième album. Exit « Comme on a dit», la setlist se focalise donc plutôt sur le premier et le troisième opus. Et personne ne s'en plaint. Car le public réagit très chaleureusement aux percussions d'Alexandre Margraff sur « Les nuits parisiennes», aux violons emballant de « Revolver» et aux couplets névrotiques de « Arrache-moi». « Je vais chanter quelque chose de rapide, lance Gaëtan Roussel. Si les gens du fond pouvaient se relever, s'il vous plaît». «Savoir» n'a pas pris une ride en huit ans. Tout le monde se déhanche et se bouscule dans un joyeux désordre. Les places assises se vident, l'ambiance atteint son paroxysme.

Après le malsain «Arrache-moi» qui se conclut dans une belle cacophonie, «Toute cette histoire», voit Arnaud Samuel, le violoniste, s'emparer d'un tambourin à cymbalettes qu'il fait claquer alternativement dans ses mains et dans celles des admirateurs qui lui font face. Et lorsque son merveilleux et chaotique solo de violon résonne dans la salle, les autres membres de la formation se postent en demi-lune autour du batteur pour discuter et rigoler. Tout s'emballe, si bien qu'un technicien s'empresse de raccorder fissa quelques câbles débranchés.

Les rythmes chaloupés de «Sean Penn, Mitchum» permettent de «se détendre, de s'allonger» comme le chante si bien Gaëtan Roussel et d'écouter ses effets au vocodeur. A la surprise générale, «J't'emmène au vent» s'ouvre ensuite par une intro inédite, mélange de groove et de funk tacheté de coups d'archets. Concluant ce premier acte par le magique «Depuis toujours» et le splendide «Léa», les Louise s'éclipsent momentanément de la scène pour que l'on y installe le piano de «La valse». L'incontournable «Ton invitation» qui suit est unanimement repris en coeur et le très Pixies «Shibuya station» finit par enflammer les planches de l'AB. Les chants de «La brune» emportent l'adhésion de la salle d'autant que la formation folk/rock livre une version plus rêche du morceau. Enfin, le groupe conclut son intense prestation en interprétant une deuxième fois «Vous avez l'heure».Avec tant d'énergie dégagée pendant près de deux heures, on a du mal à croire que Louise Attaque a 26 prestations dans les pattes (dont une la veille). Mais Gaëtan Roussel finit tout de même par crier «On est mort !», avant de s'effondrer dans le public, qui envahit à son tour la scène. Une fillette de trois ans, qui était perchée sur les épaules de sa mère pendant tout le concert, suit le mouvement... Joyeux Bordel, à tous et à toutes.

Louise Attaque en concert le 27 mars prochain à Forest National

Album «A plus tard crocodile», Bang!

Webhttp://www.louiseattaque.com

© La Libre Belgique 2005