Musique / Festivals

Le concert de Jack White n'a pas débuté sous les meilleurs auspices pour les photographes de presse, gênés dans leur travail car repoussés loin de la scène par l'organisation.

Grimé de maquillage blanc, la coupe de cheveux un peu à la Robert Smith, habillé comme un vieux fan de Blink, Jack White a pris de l'embonpoint avec les années - il voulait peut-être le cacher - mais il n'a rien perdu de sa grinta sur scène. Quel show saturé d'énergie le gars de Détroit a proposé...

© JC GUILLAUME

Sans sa soeur Megan avec qui il a splitté musicalement en 2011, Jack a lâché, obligé, quelques titres de "Boarding House Reach" son dernier album solo pour lequel il était resté cloîtré pendant des mois dans son appartement de Nashville (NOTRE CRITIQUE). "Over and Over and Over", "Ice Station Zebra", ou encore la très groovy "Corporation" sans oublier les plus anciennes "Love Interruption".

Ses plus grands fans nostalgiques de ses riffs saturés ont d'ailleurs surtout craqué, comme c'est souvent le cas, sur les pépites façonnées il y a déjà quelques années avec The Raconteurs (la géniale "Steady as she goes") sans oublier, évidemment, les White Stripes.


Il y a eu les plus douces ("The Same Boy You’ve Always Known"), la plus contestatrice dédicacée à Trump ("Icky Thump") mais le public a néanmoins passé son temps à faire du headbanging sur "Hardest Button To Button", "I’m Slowly Turning into You" et la meilleure (subjectivement) "Ball and Biscuit" sans oublier évidemment "Seven Nation Army" pour finir.


Un classique qui a poussé notre voisin quinquagénaire de devant à enquiller les tricks de air guitar enflammés.

Jack White a terminé son concert comme une messe. Normal pour celui qui a longtemps pensé à devenir prêtre. "Vous avez été incroyables. C'était Jack White. Que Dieu vous bénisse". Amen...


Pearl Jam et sa horde de fans

A 23 heures, ils étaient nombreux les fans de Pearl Jam à frissonner sur l'intro au piano de Philippe Glass (la magnifique "Metamorphosis 2") en attendant que leur héros ne débarque : Eddie Vedder et ses ouailles.

A cinq minutes du début du concert, Hek-Jan, un fan néerlandais, le sourire aux lèvres, les yeux brillants mais anxieux, nous a même implorés d'essayer de jeter une licorne gonflable au chanteur américain depuis la front stage. "Je l'avais croisé, il y a une dizaine d'années sur le site comme un simple festivalier, on avait parlé une heure et je lui avais demandé de mettre une licorne sur scène et il l'avait fait."

Dans une fosse blindée, c'était mission impossible.


Critiquer le concert de Pearl Jam, n'est pas chose aisée car il y a des sentiments compliqués à expliquer. Son show a réussi à faire se trémousser des milliers de personnes. Son concert ne nous a pas touché.

Pourtant, avec 25 ans d’expérience sur scène, la grosse machine qu'est le groupe mythique de Seattle a tout donné pendant près de deux heures comme si c'était le dernier. Après "Elderly Woman Behind the Counter in a Small Town", en guise de chauffe, le chanteur au timbre de voix reconnaissable à des kilomètres s'est lâché. Dès "Animal", il a levé le poing, tapé des mains, couru à travers la scène, pris des selfies et fait des sauts de cabri. Il était déchaîné sur la plupart des titres : "Black", "Porch", "Wishlist" pour ne citer qu'eux. La preuve de sa forme physique ici...

© JC GUILLAUME

Mike McCready, le guitariste ne fut pas en reste en proposant des solos interminables derrière l'oreille. Pearl Jam nous a même ramené des copains. Le guitariste Wayne Kramer (MC5), pour offrir un jouissif "Kick Out the Jams" et Kim Thayil (Soundgarden).

Eddie Vedder était content d'être là "dans le meilleur festival du monde". Il l'a répété maintes fois préparant même un message sur un bout de papier qu'il a lu en néerlandais. S'il vous plaît...

Pour apporter de la lumière" face à l'obscurité qui grandit", cet ancien opposant assumé de Georges W. Bush, a proposé d'enregistrer une petite une vidéo pour Donald Trump. Il y a trois semaines, il avait déjà chanté "Fuck you" au président US après le scandale de la séparation des familles des migrants.

Ce concert ne nous donc pas emporté car Pearl Jam ne nous a jamais fait vraiment vibrer au contraire de la BO du film Into The Wild composée par le même Eddie Vedder et qu'on a longtemps écoutée.


Samedi soir, on avait une pensée pour nos pères qui, lors des trajets en voiture, nous font parfois écouter avec entrain et nostalgie un vieux CD de leur jeunesse. On est souvent désolé de devoir leur dire "c'est sympa mais je n'accroche pas". Question de génération ou de sensibilité ?