Musique / Festivals "Je n'arrive pas à croire que vous soyez ici pour nous regarder jouer". Après deux titres, Hannah Reid, la chanteuse de London Grammar est, évidemment, au courant qu'il se passe quelque chose de grand à 3.353 kilomètres de là. "Il y a combien ?", demande-t-elle en souriant. "2-1 ? et il reste cinq minutes ? Ouah... Vous allez gagner."

Vous l'aurez compris, comme partout dans le Plat pays, la priorité de ce vendredi, pour beaucoup, c'était les Diables rouges. Les organisateurs avaient tout prévu en intégrant le match dans le line-up et en décalant plusieurs concerts au jour d'après.

Des milliers de personnes s'étaient donc amassées devant tous les écrans disponibles : aux bars, dans le coin VIP, devant la Slope, la scène réquisitionnée et noire de monde, ou encore sur leurs smarthones pour les spectateurs les plus tiraillés entre leur passion des beats et celle du ballon rond.

Dix minutes plus tard, la sentance tombe : la Belgique a battu la Brésil. Impensable. Une immense clameur viralise tout le site jusqu'aux oreilles de la chanteuse du groupe londonien qui tente du même coup de lancer l'hymne des Britanniques : "Football is coming home". 


Et bizarrement, ça ne prend qu'à moitié, contrairement au concert du groupe découvert dans un petit pub de Camden.

London Grammar, au millimètre près

Car une fois passé l'euphorie de la qualif', London Grammar a proposé un show léché qui aurait de toute façon réconforté les supporters en cas de défaite.

La voix de la chanteuse est suave et envoûtante - elle le montre parfaitement sur "Nightcall" - la musique cuisinée aux petits oignons par Dan Rotham (guitare) et "Dot" Major (batterie/claviers) est une caresse, mélange de folk et de trip hop ciselée au millimètre qui nous a fait prendre un vol sans retour pour un univers quasi cosmique.

Le travail visuel chiadé du groupe y fait aussi pour beaucoup. Les images des lumières d'une ville qui scintillent, la pureté des lignes d'un désert, des sphères qui frétillent au gré des beats, une planète imbibée de lave qui tournoie sur elle-même... Sans compter, la poésie apportée par un ciel d'été flandrien qui avait lui aussi décidé de se draper de faisceaux de lumières pourpre.

© jc guillaume

The Killers, un peu "too much"

Dans la foulée, on se disait que le concert des Killers qui débarquait avec un nouvel album (Wonderful Wonderful) sous le bras tombait à point pour faire la fête. Ce fut en partie vrai car The Killers est une grosse machine bien huilée et l'album tubesque Hot Fuss sorti en 2004 fournit une bagatelle d'hymnes de stade : Jenny Was A Friend Of Mine, Mr. Brightside, Somebody Told Me, Believe Me Natalie. Des titres entonnées à tue-tête par tout Werchter.


Sauf que depuis 2004, les gars du Nevada ont vieilli et malgré le fait qu'ils aient rempli une copie convenable et que certains titres du dernier album soit dansant ("The Man"), le côté too much et en plastique du chanteur est un peu horripilant. 

Certains le trouveront charismatique mais avec ses cheveux gominés, son sourire colgate, sa veste blanche et un tee-shirt maculé de paillettes dorées, Brandon Flowers a un petit côté David Hasselhoff sur le Mur de Berlin.


Le groupe ricain a eu au moins le mérite de tout donner et de parvenir à faire bouger un public de Werchter qui la plupart de la journée est resté chaud comme un frigo.