Musique / Festivals

Mamma Mia ! Mesure-t-elle la vague d’émotion qu’elle a soulevée, Agnetha Fältskog ? Aux premiers jours de janvier, la chanteuse blonde (60 ans) du mythique groupe pop ABBA séparé en 1982 a indiqué au journal suédois (pour seniors) "M" qu’elle songeait à un retour sur scène du quatuor, ceci dans le cadre d’une représentation unique "pour une bonne action ou quelque chose du genre". Déferlante sur le Net, les fans du monde entier s’affolent, des paillettes disco plein les yeux. En mars 2010, Benny Andersson et Björn Ulvaeus avaient déjà lancé un avis de tempête. Interrogés par le "Times" sur la possibilité d’une reformation dans le cadre d’un concert unique, intime, qui pourrait être retransmis à travers le monde, le premier avait répondu : "Oui, pourquoi pas ?", ajoutant qu’il ne savait pas si ses comparses féminines chantaient toujours, mais que ce n’était "pas une mauvaise idée". Björn Ulvaeus, lui, avait répondu avec ironie qu’ils pourraient chanter "The Way Old Folks Do", allusion à leur chanson "The Way Old Friends Do" Le même Ulvaeus avait déclaré deux ans auparavant : "Nous ne monterons plus jamais sur scène ensemble. [ ]. Nous voulons que le public se souvienne de nous pour ce que nous étions : jeunes, exubérants, pleins d’énergie et d’ambition." Pour la petite histoire - ou la légende -, les membres du groupe formé en 1970 et mis sur orbite planétaire à l’Eurovision 1974 avec "Waterloo", avaient refusé, il y a une dizaine d’années, un milliard de dollars pour reformer ABBA. Il est vrai que l’argent, "Money, Money, Money", n’est pas un argument de poids pour ce groupe au succès immense (pas loin de 400 millions d’albums vendus dans le monde) et toujours d’actualité (quelques millions d’exemplaires s’écouleraient encore chaque année).

Le mythe ABBA, auteur de tubes inoxydables il est vrai, n’a d’ailleurs pas besoin des quatre membres originels pour s’entretenir et enfler au fil des ans. Le cinéma, entre autres (les pistes de danse aussi), y a contribué, avec des films tels "Muriel’s Wedding" (1994), "Priscilla, folle du désert" (1994) et "Mamma Mia !" (2008) tiré de la comédie musicale éponyme. Du premier, Benny Andersson confiait en 2008 à "La Libre" qu’il le trouvait "formidable" et qu’il avait "certainement eu un impact sur nos chansons. C’était comme si elles étaient à nouveau vivantes".

Côté musique, surtout, force est de constater que le nombre de spectacles directement liés à ABBA à l’affiche, en Belgique, en 2011, est impressionnant. Autant de grosses productions, dont certaines tournent depuis plusieurs années autour de la planète. Dans l’attente d’un hypothétique retour de l’original, les fans - qui sont de tous âges, y compris une fournée née après la dissolution du groupe - peuvent donc toujours se rabattre sur ses copies, qui ne ménagent pas leurs efforts pour reproduire la magie d’ABBA, look (si somptueusement kitsch) compris. Ambiance garantie, le public se montrant en général très participatif

A Anvers (Lotto Arena) ce 14 janvier, place à "ABBA, The concert". Interprété par le groupe suédois ABBAgain formé en 1996, celui-ci se veut la reconstitution des concerts donnés par ABBA à Wembley en 1979.

Sa dernière tournée, le "Mamma Mia Tour" de 1982, est quant à elle l’objet du spectacle donné par "ABBA Mania", créé en 2000 en Angleterre et déjà passé plusieurs fois par la Belgique depuis 2006. Rendez-vous le 25 janvier au palais des Beaux-Arts de Charleroi, le 26 au Cirque royal de Bruxelles ou le 27 au Country Hall de Liège. Promis, "jusqu’à l’accent suédois" y est !

Le 30 janvier, Forest National accueille quant à elle "ABBA, The Show" - donné le 7 février 2010 dans la même salle. A la barre : le groupe Waterloo, entouré du National Symphony Orchestra of London conduit par Matthew Freeman.

Ces trois spectacles revendiquent une fidélité maximale à l’original, jusque dans le moindre détail.

Du 19 juillet au 14 août, enfin, pour 32 représentations (!) en anglais sous-titrées en français et en néerlandais, le Casino Kursaal d’Ostende accueille "Mamma Mia !" - titre d’une des chansons du groupe pour ceux qui l’ignoreraient. Ecrite par Catherine Johnson, cette comédie musicale, créée à Londres en 1999 et déjà passée par la Belgique en 2004-2005, utilise les chansons d’ABBA autour d’une histoire de famille, d’amitié et d’amour. Elle démarre quand, à la veille de son mariage, une jeune femme, en quête de l’identité de son père, plonge dans le passé de sa mère. La comédie musicale, traduite en de nombreuses langues et donnée simultanément par plusieurs troupes, a déjà été vue par 45 millions de spectateurs dans le monde.

"Dancing Queen", "Gimme ! Gimme ! Gimme !", "Knowing me, knowing you", "Take a chance on me" Les tubes des Suédois ne sont donc pas prêts d’être remisés, un récent ouvrage ravivant également la flamme ("Abba, une légende nordique", cf. supplément "Lire" de "LLB" 10/1/2011). On imagine les fans secrètement implorer Agnetha, Björn, Benny et Anni-Frid : "I have a dream : Voulez-vous vous reformer ?" Ou simplement se fendre d’un vibrant "Thank you for the music".