Musique / Festivals En guise d’adieux au Palais de la Monnaie, une production intéressante mais inégale du célèbre opus verdien.

S’il ne faut garder qu’une image de la nouvelle "Aida" que propose la Monnaie comme ultime spectacle dans son chapiteau de Tour & Taxis, c’est celle de la fameuse marche triomphale du deuxième acte. Spectaculaire ? Kitsch ? Barnumesque ? Nullement. C’est un défilé militaire sans éléphants, et même sans soldats. Un défilé sans défilé, en fait, puisque seuls nous sont montrés les spectateurs : la foule des Egyptiens agitant drapeaux, levant les mains, applaudissant, s’émerveillant devant le spectacle. Militaires et uniformes ? Armes et canons ? Fanfares ? Eléphants, ou avions de chasse ?

Les spectateurs de la Monnaie eux, n’ont rien vu non plus du défilé. Mais ils ont vu ces regards. Et le reste est dans la musique. Stathis Livathinos ("La Libre" du 16 mai) n’a certes aucune expérience de l’opéra, et tout est loin d’être réussi dans ses débuts lyriques. Mais le metteur en scène grec formé à Moscou a dû connaître les défilés du 1er mai de l’URSS. Et, surtout, c’est un véritable homme de théâtre qui sait la puissance des regards d’une foule.

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