Ardentes, pas encore brûlantes

Sophie Lebrun Publié le - Mis à jour le

Musique / Festivals

En six éditions, le festival liégeois a définitivement trouvé son équilibre, entre belles découvertes et grosses têtes d’affiche internationales, entre éclectisme assumé et, cependant, cohérence au jour le jour.

Au Parc Astrid, point de nouvelle scène et autres déménagements à signaler. Juste quelques petits “plus” : une palette d’avantages culturels liégeois élargie pour les ardents festivaliers (notamment un abonnement au Théâtre de la Place à prix réduit), l’accès gratuit au wifi pour tous (mmmh, Internet quand tu nous tiens...), un VIP deux fois plus grand (avec loges, comme au Standard, oui, oui), une halle neuve à l’endroit de la grande scène couverte...

Ce jeudi 5 juillet, la tonalité générale est plutôt rock et largement anglo-saxonne avec, en tête d’affiche, les somptueux vétérans Patti Smith et Morrissey. En début d’après-midi, Birdpen, emmené par Dave Pen, l’une des voix magiques d’Archive, fait forte impression avec son rock sombre, hanté, ponctué de réminiscences new wave. Sallie Ford, elle, puise plutôt dans le bon vieux rock, tendance fifties. Elle a l’air gentillette, comme ça, avec sa robe à fleurs, ses boucles au carré et ses lunettes papillonnantes. Mais la musique qu’elle délivre (rockab’, rock garage, rock’n’roll dansant...) n’est pas si lisse, et s’avère même assez énergique. Sa voix crisse sur les guitares grasses. Cela dit, il en faut plus pour sortir de sa torpeur la moitié du public, affalée dans le gazon sous un soleil de plomb. Mathias Malzieu et Babeth, eux (du groupe Dionysos qui se produira en soirée) en redemandent, et consultent la suite du programme, bien décidés à s’en mettre plein les oreilles. Las, pour Patti, c’est rapé : leurs concerts sont trop rapprochés...

Sur le coup de 17h, celle qu’on n’attendait plus débarque brutalement, drue, et (heureusement) assez courte : la drache. Sur la scène en plein air, le jeune Anglais Maverick Sabre en fait les frais. Cela pourrait faire les affaires de son successeur, dans la halle, qui, logiquement, se remplit de festivaliers (trempés). Sauf que ce successeur est la Française Soko, dont la voix douce et la subtile fragilité du répertoire s’accommodent mal d’un tel contexte. De son côté, le son est brouillon, le concert décousu. Soko en salle, ça passe; en festival, ça casse.

Le groupe Edward Sharpe & The Magnetic Zeros, lui, a tout ce qu’il faut pour chauffer une plaine : charisme, enthousiasme débordant, chœurs fédérateurs et une armada d’instruments. Ils sont 11 sur scène ! Surtout convaincants dans les morceaux enlevés, où ils évoquent des Arcade Fire hippies. “Home” est d’ores et déjà un hymne des Ardentes. Les Ting Tings font encore monter l’ambiance de quelques crans. Il est 21h. Les quadras, quinquas (et au-delà) sont à présent là. Patti peut venir...

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