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Rock - concert
La rage du Sportpaleis
P.D.G.
Mis en ligne le 04/06/2008
Si la tête des mélomanes est déjà aux festivals qui s'annoncent, il reste tout de même quelques évènements à ne pas rater avant l'été. Le retour sur scène de "Rage against the Machine" après huit ans d'absence en fait partie. En trois albums et moins de dix ans d'existence, le groupe californien a marqué les années '90 de son empreinte. Par son rock puissant et... ra(va)geur tout d'abord. Par son militantisme d'extrême-gauche loin d'être politiquement correct, surtout au pays de l'Oncle Sam, ensuite. Leurs chansons emblématiques sont devenues des hymnes à la contestation pour toute une génération bercée par les idéaux de l'altermondialisme.
C'est dire l'effervescence qui régnait aux abords du Sportpaleis anversois, transformé en fournaise, lundi soir. Et il n'a pas fallu longtemps pour que la salle se transforme en brasier. Sur le coup de 22 h 20, l'Internationale retentit, un grand drapeau avec étoile rouge sur fond noir descend pour former l'unique décor et le groupe met le feu aux poudres avec "Testify". C'est immédiatement le chaos : les corps se bousculent du devant au fond de la salle, des dizaines de gobelets volent et c'est reparti comme il y a dix ans.
Un petit voyage dans le passé renforcé par le fait que le groupe ne semble pas avoir arrêté de tourner. Comme lors de leur dernière tournée, la set-list balaye les trois albums, et les morceaux du premier, un classique parmi les classiques, sont accueillis le plus bruyamment. La puissance de feu de RATM est restée la même. Les défauts rédhibitoires, leur difficulté à enchaîner et un son faisant trop peu dans la nuance, sont également de la partie. Seuls un Zack de la Rocha un peu moins bondissant qu'antan et un public un peu plus âgé, donc moins vaillant aussi, viennent témoigner que l'eau a coulé sur les ponts depuis l'an 2000, année de leur séparation.
Après trois quart d'heure, le concert commence un peu à s'enliser. Cela ne durera qu'une dizaine de minutes, le temps d'en arriver, déjà, aux rappels. Une salve de trois courts morceaux amène le public au moment que tout le monde attend, la charge coléreuse de "Killing in the name of...", leur tube planétaire. Le Sportpaleis connaît alors un bordel, excusez-nous l'expression, comme il en a rarement vécu. Après que la dizaine de milliers de personnes présentes ait sauté en reprenant en choeur le fameux "Fuck you I won't do what you tell me", les lumières se rallument déjà. Une quinzaine de morceaux, dont le "Clampdown" des Clash et moins de 90 minutes de concert, c'est évidemment peu pour les 42 euros acquittés pour le sésame d'entrée. Mais c'est le prix à payer pour que le concert garde l'impact d'un coup de poing. Cela n'apporte pas grand chose, mais ça fait du bien.
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