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Festival - TW CLASSIC

Police et The Stooges, ticket gagnant

Alexandre Alajbegovic

Mis en ligne le 09/06/2008

Premier rendez-vous festivalier de l'été, le TW Classic avait lieu samedi à Werchter. Iggy & The Stooges et The Police, en grande forme.

De la boue jusqu'aux chevilles, la moiteur mêlée d'odeurs de bière et de sueur, 42000 personnes et une énorme scène : la saison des festivals a démarré samedi sur le site de Werchter avec le TW Classic. L'an dernier, le festival avait lieu dans la foulée de son grand frère rock, il le devançait cette année d'un mois, avec à l'affiche Milow, Juanes, The Scabs, Iggy & The Stooges et The Police. Commençons par le grand mystère de ce TW : comment a-t-on pu passer entre les gouttes avec un ciel si menaçant ? L'organisation flamande sûrement... Il avait plu avant, en revanche, ce qui a permis l'éclosion d'un nouveau jeu : la glissade sur le ventre dans la boue. A suivre lors des rendez-vous estivaux à venir. Côté scène, désolé pour Milow, raté pour cause de débarquement. On a vaguement entendu sa version de "Brown Eyed Girl", de Van Morrison. A moins que ce ne soit le look de certains qui ait forcé la nostalgie, au point de l'entendre. D'un peu plus près, on se rend compte que le TW la joue très VIP. Un énorme bandeau, à moitié vide la plupart du temps, est réservé au pied de la scène pour des couples endimanchés. Les fans s'en trouvent éloignés des artistes d'une bonne trentaine de mètres. Dommage. Cela n'a pas empêché quelques drapeaux colombiens de s'agiter quand Juanes entre en scène. Ouvrant par son tube "A Dios Le Pido", clôturant par son planétaire "La Camisa Negra", le bonhomme livre un set plutôt bien amené, coloré, un rien mono rythmique, cependant. Il aura quand même capté l'attention d'un public plutôt à l'effigie d'Iggy ou des Scabs. The Scabs, parlons-en. Méconnu en Belgique francophone, le groupe rock des 90's frôle le mythe côté flamand. "Don't You Know", "I Need You" et "Matchbox Car" sont sur toutes les lèvres, preuve du public résolument néerlandophone de ce festival. On passait aux choses sérieuses avec l'infatigable Iggy Pop, achalandé de ses Stooges. L'iguane livre ses classiques : Iggy grimpe sur les amplis, Iggy met son micro dans son slip, Iggy crache sur la caméra, Iggy se jette dans le public... Des élucubrations qui peuvent lasser, mais devant un parterre de VIP's interloqués, qu'est-ce qu'on était content de le voir à l'oeuvre ! D'autant que son punk-rock reste bigrement efficace, avec un Ron Asheton pas piqué des hannetons à la guitare. Restait LA tête d'affiche de la soirée : The Police. Le passage à Anvers, fin 2007, avait laissé quelques frustrations. Celui de samedi soir aura réglé quelques comptes, même si l'aîné Andy Summers a parfois semblé à côté de son sujet à la guitare. Des hésitations voilées par la voix intacte de Sting, arborant pour le coup une bonne barbe grisonnante. A la batterie, Copeland répond lui aussi à l'appel. Les trois ouvrent la boîte à tubes, d'un "Message In A Bottle" en ouverture à "Walking On The Moon", en passant par "Can't Stand Losing You". La formule veut un rallongement systématique des versions par des passages soit vocaux, dans lesquels Sting joue avec le public, soit instrumentaux, l'occasion de sursauts d'implication de Summers. Le tout fonctionne sans problème, évidemment serait-on tenté de dire. L'euphorie est collective sur la plaine de Werchter, toute heureuse d'avoir les pieds dans la boue et les cheveux au sec. Sur les rappels ("Roxanne", "So Lonely"...) , Police semblait un peu s'essouffler, Sting ne touchant plus les aigus d'antan. Au moment de quitter le trio, les petits bémols étaient noyés dans le bonheur d'avoir pu s'égosiller sur ces tubes inusables. Quant à Werchter, à dans un mois l'ami !

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