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Festival couleur café

Une longue course du Congo à l'Atlas

Pascal De Gendt

Mis en ligne le 01/07/2008

Couleur Café : l'hommage à James Brown, Baloji, Natacha Atlas, Sahara Blues...

Troisième et dernier jour pour le festival. Mais pas le moindre. Non, tout ne fout pas le camp, il y a des traditions qui tiennent le coup. Celle voulant que le dimanche soit le jour où Couleur Café enregistre sa plus grosse affluence, par exemple. Quel contraste d'ailleurs avec des vendredis et samedis soirs qui, malgré les 21000 à 22000 personnes annoncées pour chacun de ces jours, nous avaient paru un rien déplumés. En tout, le festival ne rééditera pas le coup des 70000 entrées en trois jours, comme l'année dernière, mais devrait tout de même dépasser la barre des 65000.

Pas le temps de s'attarder sur ces considérations chiffrées. Sur le coup de 17 h 30, la scène du "Titan" est investie par la troupe de "Still Back, Still Proud : African Tribute to James Brown". Créé par le saxophoniste Pee Wee Ellis, imposant maître de cérémonie, cet hommage a été programmé en dernière minute pour remplacer Cesaria Evora. Bonne pioche ! Le concert aurait même pu être programmé plus tard dans la soirée, tant il s'en dégage la même énergie communicative que lors d'un concert du regretté "Godfather of soul".

Funk tropical

Les attaques cuivrées soulèvent le public pendant que le groupe assure un groove tout ce qu'il y a de plus funk. Pour la touche africaine, on peut compter sur Tony Allen, qui s'occupe d'une des deux batteries, ainsi que sur les percussions. Sans compter évidemment l'apport vocal du bariolé Cheikh Lô ou des chanteuses Wunmi et Simphiwe Dana. Un funk aux parfums tropicaux qui fait bien chauffer la machine. Un peu plus loin, Baloji ne s'épargne pas plus. Le concert, d'abord émouvant lorsque les morceaux les plus autobiographiques de "Hôtel Impala" sont chantés, monte doucement jusqu'à l'éclatement d'un combatif "Tout ça ne nous rendra pas le Congo", suivi d'une dynamique séance de rumba. Congo na bisso. "Repris de justesse" confirme ensuite que l'ex-MC de Starflam n'a rien perdu de son art en faisant gronder sa voix sur des réquisitoires implacables pour les politiques d'immigration de nos pays-forteresses.

Se presser encore pour ne rien manquer de Natacha Atlas. La Belgo-marocaine oublie un peu les belles chansons traditionnelles de son dernier album en date et parcourt son répertoire, faisant revivre la tradition des grandes chanteuses égyptiennes. Et lorsque son petit groupe fait monter la sauce, Natacha se rappelle de son passé de danseuse et ondule grâcieusement. Un beau moment de volupté avant une petite plage de repos. Mais pas trop longue. Il faut encore aller écouter, et voir, l'épicé mélange de genres que propose Sahara Blues, essayer d'assister à la fin d'une finale de l'Euro, puis finir le week-end sur des rythmes jamaïquains avec Jimmy Cliff et Luciano "The Messenger". Sera-t-on suffisamment retapé pour la 20e édition ?

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