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Brel
"La Flandre l'a admis dans son panthéon"
Mis en ligne le 09/10/2008
Quoi qu'il en ait dit lui-même, "Les F (lamingants)" n'était pas vraiment une chanson comique ! Derrière la caricature, plus d'un compatriote du nord du pays n'a pas apprécié la lourde charge et l'amalgame surtout lorsqu'elles furent récupérées politiquement par certains extrémistes francophones... Et lorsque le grand Jacques a rejoint Jef et tous ses potes au paradis des artistes où coule la bière et le vin de Moselle, les médias flamands ont eu la dent dure. Trente ans après, la hargne n'est plus de mise... Mercredi soir, il y a eu un récital de chansons à Anvers, un autre est programmé
ce jeudi soir à Bruges où il y aura également un hommage face à la statue Marieke réalisée par Jef Claerhout et implantée voici vingt ans sur la Coupure à l'initiative du publiciste Joahn Anthierens, disparu aussi beaucoup trop tôt.
Dans la relation amour-haine qu'elle entretenait avec lui, la Flandre aurait-elle donc tourné la page ? "Oui, sans l'ombre d'une hésitation", réplique du tac au tac l'écrivain et journaliste Geert Vanistendael.
Un "accro" : avec Koen Stassijns et Benno Barnard, il n'est pas loin d'avoir traduit tous les textes de Brel en néerlandais dans la foulée de ce qu'avait fait Ernst van Altena pour Liesbeth List aux Pays-Bas. Mais c'est aussi un observateur éclairé de la Flandre : "J'arrive à un âge où beaucoup de mes amis passent sur l'autre rive. Je puis attester que rares sont les cérémonies d'adieu où l'on n'entend pas du Brel !" Un signe que le nord du pays continue à voir en lui un tout grand poète. "Ce n'est pas un hasard non plus si les Flamands l'ont mis parmi les dix plus grands Belges... Certaines chansons étaient et restent des succès absolus. Bien sûr que la Flandre l'a fait entrer dans son panthéon..."
Mais quid alors des "F..." ? "Oh, ce n'était pas son meilleur texte. Attardons-nous plutôt à ses autres créations... Il avait une idée mythique de la Flandre avec des grandes tours gothiques et de robustes filles blondes comme les blés... Mais il aimait la région dont les siens étaient originaires. Ouvrez l'annuaire téléphonique ouest-flamand : les Brel y sont légion !"
Luc Devoldere, l'administrateur-délégué de "Ons Erfdeel" dont la vocation est de jeter des ponts entre nos cultures, confirme : "Brel s'inscrivait dans la grande tradition des Flamands francophones qui ont chanté la Flandre dans la lignée de Verhaeren et de tant d'autres. 'Les Flamandes', c'est la rencontre de la sensualité et de la mystique, c'est le fruit d'un certain imaginaire..." Pour Devoldere, "Brel comme tant d'autres Flamands d'origine qui ont réussi à Bruxelles en se francisant a souffert de ce dualisme mais aussi du fait de ne pas avoir été reconnu comme il l'espérait. C'est un amant incompris qui adorait la Flandre. Parce que celle-ci l'a parfois déçu, il s'était dit, en néerlandais dans le texte de Luxembourg dans sa dernière provocation !"
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