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concert
Doublé étincelant de Francis Cabrel
V.B.
Mis en ligne le 03/11/2008
Il arrive, elle le voit, elle le veut". L’entrée en matière est un peu téléphonée mais tellement appropriée à ce "Samedi soir sur la terre" où Francis Cabrel monte sur la scène de Forest national, grattant un ukulélé devenu décidément très tendance.
La salle bruxelloise affiche complet pour la deuxième soirée d’affilée. A 54 ans, après douze albums en quelque trente ans, le chanteur français est au sommet de son art, comme en témoignent son dernier album "Des roses et des orties" et le concert vu en ce jour de Toussaint. En deux heures, il a dégainé vingt-cinq de ses "chansons d’amour" , comme il dit. "J’adorerais vous faire rire mais avec les chansons que j’ai, c’est pas facile" .
Pendant deux heures, Francis Cabrel a varié les ambiances et les styles, du folk trad au blues rock, avec une facilité déconcertante. Ses musiciens y tendent de belles toiles, au piano droit, au violon, à l’accordéon, à la contrebasse ou à l’harmonica. Le chanteur d’Astaffort y peint ses paysages favoris. Il parle de son village, où il vivait petit, où il vit toujours, "où les arbres se couvrent de feuilles, de fleurs, et de filles". "La robe et l’échelle" trouve un beau développement, tout en finesse, sans effet appuyé. Revers de la médaille, cela manque tout de même d’un peu de punch (et de basse) lorsque le tempo s’emballe. "A la vitesse où le temps passe, le miracle est que rien n’efface l’essentiel". Rien ne nuit à la poésie des textes, excepté peut-être ces paroles que l’écran géant affiche de temps à autre, produisant un effet slogan un peu déplacé. Le public fredonne, reprend en chœur (comme lors du beau triptyque acoustique "L’encre de tes yeux", "Octobre" et "Petite Marie"), certains miment même le jeu de guitare de leur idole et les cris fusent lorsque le maître de cérémonie balance quelques déhanchements (comme sur "Sarbacane", très rock).
Cabrel évite de chanter toujours la même chanson en réarrangeant son répertoire ancien, comme sur cette version blues-rock de "La dame de Haute-Savoie", ou sur cette belle version dépouillée de "Je l’aime à mourir", jouée en solo avec son seul ukulélé, en guise de touche finale. Il adapte aussi très librement Brel pour faire le tour de ses musiciens: "Madame n’aime pas ce que nous jouons, elle trouve que c’est du folklore, que ça joue faux, que ça joue fort". On ne peut que donner tort à la dame des "Remparts de Varsovie".
En concert le 29janvier 2009 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, les 30 et 31 au Forum de Liège, et le 1erfévrier au Cirque royal de Bruxelles.
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