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RENCONTRE
Le vent folk venu du Québec
CAMILLE PEROTTI
Mis en ligne le 17/11/2008
Grâce à l'album "Me, Myself&Us", sorti au Canada en avril 2007, en France en juin 2008 et en Belgique au mois d'août, Pascale Picard et sa "bande" sont en train de se forger une renommée confortable en contrées européennes francophones. Après avoir conquis le Canada avec plus 150 000 disques vendus, la Québécoise Pascale Picard et ses musiciens ont inauguré leur entrée en Europe avec un concert à la Cigale, à Paris, à guichets fermés. Les douze titres qui composent l'album sont très éclectiques, dûs aux différentes influences des membres du groupe même s'il surfe sur la pop et le folk comme "Gate 22", le single. S'inspirant du quotidien, les chansons douces-amères, dont "Let's Have a Drink", laissent parfois la place à des morceaux plus punk comme "A While". Rencontre avec une jeune artiste talentueuse à l'accent savoureux.
Comment avez-vous commencé à jouer de la musique ?
A 13 ans, mon père m'a montré quelques accords. J'ai eu la piqûre tout de suite. Je me suis mise à composer des chansons en anglais et à faire des reprises avec les accords que j'avais en main. Mon anglais et mon propos sont devenus meilleurs en vieillissant. A 18 ans, l'âge d'entrer dans les bars, j'ai commencé à jouer pour gagner des sous, et à 21 ans, en 2002, j'ai rencontré Mathieu en jouant dans la rue. Mathieu (guitare) connaissait Stéphane (percussion), Stéphane connaissait Philippe (basse)...
Comment vous êtes-vous fait connaître ?
On a commencé à djamer ensemble pour le plaisir et, finalement, on a eu très vite des engagements. Le Québec a vite embarqué dans notre buzz puis Valéry Zeitoun nous a contactés et on s'est dit "Let's go !"
Etant francophone, pourquoi chantez-vous en anglais ?
L'intérêt pour la langue s'est développé justement grâce à la musique. J'écoutais les Beatles en boucle et je voulais savoir de quoi ils parlaient.. Je n'ai pas réfléchi à la langue quand je me suis mise à chanter, c'était naturel.
Comment travaillez-vous avec les musiciens ?
Moi, j'écris les textes. D'ailleurs, j'écris tout le temps, c'est comme un muscle, si j'arrête, ça ne marche plus. Pour la composition, c'est toute la bande. On trouve une mélodie et on la pratique, on fait des arrangements, tout le monde met la main dedans. Comme on a tous des influences très différentes, sur chaque chanson, on prend la mélodie, on met des instruments dessus, et pour le style, c'est très instinctif.
Comment s'est passée la rencontre avec le public européen ?
Super bien. J'ai trouvé que la crowd (NdlR : la foule) était de tous les âges, on avait un bel éventail, c'était bien cool. Ils étaient très chaleureux, comme au Québec. On avait beaucoup d'angoisses, mais finalement, sur le stage c'était merveilleux. Au Havre, ça sautait, c'était fou !
Le titre de l'album fait référence à l'expression galvaudée "Me, Myself and I". Qui est ce "us" (nous) ?
Quand j'ai relu tous les textes je me suis rendue compte que c'était tout le temps "je je, moi, moi-même". Donc j'ai voulu mettre "us" pour inclure la bande et toutes mes relations, amis, anciens chums. C'est aussi destiné à la personne que je ne connais pas mais qui se reconnaît dans les chansons.
"Me, Myself&Us", Universal/AZ. En concert au Trabendo à Paris, le 16 novembre et les 24 et 25 mars 2009, au Bataclan.
© La Libre Belgique 2008
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