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Concours Reine Elisabeth
Choi Ye-Eun, une fusée scintillante
MDM
Mis en ligne le 26/05/2009
Après les accents véhéments, voire âpres de Vineta Sareika, le violon de la Coréenne Choi Ye-Eun, ressemble à une caresse mais qu’on ne s’y trompe pas : sous le flux soyeux, court la pulsation, le jeu est très articulé et la phrase fermement conduite.
Fauré trouverait avec la musicienne une interprète de choix si le piano de Joseph Breinl était moins noyé de pédale et le dialogue plus équilibré, en particulier dans le troisième mouvement. On assiste plutôt à la scintillante trajectoire de la fusée Choi sur fond de brume Même dans l’irrésistible finale, les deux musiciens poursuivent leur chemin à vive allure, dans une objectivité glacée, chacun de son côté.
Deuxième rencontre avec "Agens". Et contrairement à ce qui s’était passé dans "V " - contemplatif - Choi Ye-Eun se fait ici laser superactif. Sans quitter son extraordinaire séduction sonore, elle se fait féline et déterminée, le passage à l’interlude central et la suite des échanges avec l’orchestre en prendront une saisissante profondeur. La cadence est éblouissante, tout comme la façon fine et incisive de conduire le son.
Nulle émotion mais bien une sorte de beauté étincelante. On n’attendait pas la frêle jeune-fille dans le premier concerto de Chostakovitch. Deux éléments s’imposent pourtant d’emblée lorsque Choi Ye-Eun aborde l’atypique et poignant nocturne d’ouverture : elle ne doit pas jouer fort pour passer au-dessus de l’orchestre et, mieux encore, elle l’inspire, même s’il lui sera difficile de soutenir jusqu’au bout ce mouvement à l’écriture simple et désolée.
Dans le scherzo - mené en dialogue serré avec les bois, puis avec tout l’orchestre (très attentif), la violoniste atteste une fois encore une assurance confondante, faisant, en outre, jouer son autorité sur ses partenaires - mais la sidération devant la perfection technique, le train d’enfer et la formidable (et calme) énergie doit ici tenir lieu d’émotion.
La passacaille rappelle par contre que Ye-Eun sait faire chanter son violon et y glisser de l’intensité, et la cadence, lancée comme dans une sombre réflexion intérieure abouti à des paroxysmes de la dernière véhémence.
L’enchaînement se soldera par de tels décalages avec l’orchestre qu’il faudra reprendre le mouvement, entraînant une déstabilisation passagère de la soliste. Mais le contraste entre la désolation chostakovienne et les scintillements de la jeune Coréenne poursuivront leurs effets
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