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Concours Reine Elisabeth
Vineta Sareika, l’éclaireuse
Martine D. Mergeay
Mis en ligne le 26/05/2009
Depuis le début du concours, la blonde Vineta Sareika, 23 ans, Apparaît à la fois comme un phare et une figure de proue, ensoleillant la séance d’ouverture, créant V de Ledoux, créant, cette fois, "Agens" de Cho Eun-Hwa. Mais, avant l’imposé, elle ouvrait la séance, la finale, la semaine, avec une œuvre digne de son tempérament dont on a déjà souligné la double dimension extravertie et raffinée.
Dans cette sonate aux allures changeantes, pleine d’élans et de ruptures, elle s’exprime avec fougue et naturel, déployant dans la Ballada centrale un chant étrange, entre sourire et larmes, tout comme dans l’étrange scherzo dont elle creuse les ambiances troubles et agressives, et jusqu’au finale, mené comme l’impossible recherche de lumière et de paix. Electrisante lecture donnée en fine complicité avec la pianiste Dana Protopopescu.
Malgré la complexité de l’écriture, les indications fouillées de la compositrice, les passages de lutte avec l’orchestre, "Agens" ne devrait pas effaroucher la musicienne. De fait, son assurance technique et sa capacité à animer une partition lui permettent de trouver ici un large espace d’expression et de liberté, prolongé par quelques pages orchestrales chatoyantes et mystérieuses.
La cadence, d’une difficulté diabolique, ne l’arrête pas et la dernière section sera conduite avec aplomb et humour jusqu’à la suspension et au silence. Nouvelle pièce de résistance - la plus longue et la plus exigeante des trois - : c’est le concerto d’Elgar (qui n’avait plus été joué depuis 1985, avec un premier prix à la clef ) composé en 1910 sur le mode postromantique. Succédant au long prélude orchestral, l’entrée de Vineta est marquée par quelque désordre et il faudra aller loin dans l’allegro initial pour que la musicienne retrouve le lyrisme ample et généreux qu’on lui connaît si bien Les passages plus rapides resteront marqués par un surcroît de tension - et de pression - partiellement dû au caractère rudimentaire des échanges avec l’orchestre. Un large sourire à Gilbert Varga introduit un andante tendre et chantant - on respire - mais toujours sur le mode athlétique.
Le finale, brillant et, pour le coup, axé sur la puissance et la virtuosité, accroîtra la tendance démonstrative et physique du jeu au détriment d’une vision intérieure dont l’écho parvenu dans la cadence fit pourtant rêver
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