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Concours Reine Elisabeth

Le charme de Ray Chen

MDM

Mis en ligne le 31/05/2009

Franck décalé, Tchaïkovski ludique et sensuel Le tout dans un sourire désarmant.

Le dernier finaliste de la semaine est aussi le plus jeune de la bande : Ray Chen, Australien né à Taïwan, a vingt ans. Il est le seul des six hommes du groupe à se présenter en tenue de soirée. Veston, nœud papillon, jolis boutons de manchette, coiffure pétard savamment ébouriffée, regard et sourire à 380 degrés, il est positivement craquant. Il a quelque mal à imposer le silence à la salle, surexcitée en cette fin de session, mais à partir du deuxième mouvement de la Sonate de Franck, donnée avec Thomas Hope au piano, il capte l’écoute et obtient un silence qui ira en s’intensifiant. A travers une version éthérée, au mieux « impressionniste » de ce Franck « déromantisé », on découvre l’originalité de l’approche du musicien dont le jeu, très physique, frémissant, sensuel, semble se nourrir du son lui-même pour organiser les phrasés et développer – plutôt que construire - l’interprétation. Avec des résultats inégaux, manquant parfois de background.

Dans « Agens », l’œuvre imposée, Ray Chen fourmille d’idées qu’il prend la peine d’exprimer en détails dans des sonorités de pure lumière (on l’a déjà dit, cela reste un trait identitaire chez ce musicien). Le concerto de Tchaïkovski, enfin, prendra les allures d’un numéro de charme mené dans le sourire et la détente, avec un zeste de maniérisme : peu de puissance mais une capacité extraordinaire à distendre le temps, à y glisser mille trouvailles, à relancer l’écoute, quitte à sortir du « bon goût ».

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