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Festival

Couleur Café, festif par excellence

M.-A.G.

Mis en ligne le 29/06/2009

Le temps s'y prêtant, les festivaliers sont venus en nombre. Côté ambiance, Arno ou the No Smoking Band savent y faire. Explosif.

Vingt ans ! Sans vouloir jouer les vieux de la vieille, difficile de ne pas se souvenir des premières éditions - aux Halles de Schaerbeek - ainsi que de celles qui prirent assez vite place à Tour et Taxis. Aujourd’hui, le site semble avoir atteint sa capacité maximale. Entre grandes et petites rue du Bien Manger, scène Titan, chapiteaux Univers, Fiesta et Dance Club, sans oublier les incontournables marchés artisanaux, la foule est imposante - venue en nombre samedi avec plus de 27 000 personnes à arpenter le lieu.

La parure qui orne la scène principale Titan est une bonne métaphore de ce que sont devenus les festivals. C’est une radio. Les baffles servent d’écran géant et les boutons de volume et de fréquence ne sont pas sans évoquer ce que l’on ressent quand on passe d’un chapiteau à l’autre - à l’instar du bouton que l’on tourne pour changer de fréquence.

Chapiteau Univers, Skatalites. De la formation initiale, il ne reste plus qu’un papy sur scène, le saxophoniste. Si l’on rappelle que le groupe fut fondé en 1964, l’on ne s’étonnera pas qu’il renouvelle régulièrement ses membres. Et ses rythmes aussi. Car derrière le ska, "son" de Jamaïque, pointe plus que de coutume le reggae. La section "cuivres" l’atteste, les chaloupements d’une donzelle au dos nu arborant les couleurs noir-jaune-rouge et vert l’étaye. Et quand un des musiciens sollicite le public d’un "say yeah", la réponse ne se fait pas attendre, le chapiteau Univers répond d’une seule voix à ce cri de ralliement.

Chapiteau Fiesta. Gori Ka Dance Orchestra. Après la Jamaïque, direction l’Inde pour un groupe belge intégrant des musiciens indiens et des danseuses de la même origine. C’est somptueux, grandiose, superbement chorégraphié. Et quand les combos déploient leurs instruments, cela fait plaisir aux oreilles et aux yeux d’entendre et de voir "live" ces trompettes, saxophones et autre tuba. Ici aussi, les cuivres ont la part belle, mais les percussions ne sont pas en reste. Le bonheur du rythme. Le plaisir de remuer du popotin.

Scène Titan. Arno, Emir Kusturica and the No Smoking Band. Ici, cela fourmille de monde. Le soleil darde encore ses rayons, les peaux semblent protégées, on n’a pas croisé tellement de homards. Européen, Bruxellois, Flamand, d’Ostende et hétérosexuel, jamais à court de projet aussi, Arno soumet en première à Couleur Café son "stoemp", avant Ostende en août. Vingt ans de festival, 40 ans de carrière. Arno transcende les genres. On l’a déjà croisé aux Francofolies, à Wechter, le voici à Couleur Café. Et ce n’est pas la première fois. Son projet, il l’a voulu multiculturel. Mais dans le chef d’Arno, cela s’impose comme une évidence. Il a toujours travaillé avec des musiciens d’origine étrangère. Un claviériste italien, Ad Cominotto, des choristes d’origine africaine, un guitariste, Mirko Banovic, en provenance des pays l’est. Qu’importe la nationalité pourvu qu’il y ait le talent. Son répertoire, Arno l’a quelque peu retravaillé. Il y a bien l’une ou l’autre belle surprise, mais elles sont plutôt rares. Chassez le naturel , le rock revient au galop. Ou alors, certaines chansons se prêtent mieux que d’autres à ce type de réaménagement. Pas évident de goûter à la subtilité du luth ou de l’alto marocain, du ney, du bozak ou du santir marocain. Certes, côté ambiance, Arno sait y faire.

Il n’est pas le seul, c’est un peu une constance à Couleur Café. Chacun dans son genre. Celui de la bande à Emir Kusturica - le No Smoking Band - nous a laissés pantois. Autour de nous, on a bien entendu certains oser : "c’est le grand Jojo des Balkans", aussitôt rectifié par : "Non, c’est le Sttellla des Balkans". Côté jeux de mots, on ne pourra pas témoigner. C’est en tout cas une bande improbable, composée de Serbes, Croates, Bosniaques. Son leader, Nelle Karajlic, arbore une combinaison bleue, ailes comprises, de chauve-souris, voix gutturale et course sur place en sus. Sur des rythmes endiablés, une acrobatie musicale laisse place à une autre. Ils ne se prennent pas au sérieux - c’est le moins que l’on puisse dire - sauf quand ils sollicitent le public d’un "Fuck you MTV", "Are you agree ?" .

Un feu d’artifice musical avant le vrai, celui de minuit, qui verra des belles blanches, des belles brunes et des belles cafés au lait exploser dans le ciel. Des nuances à l’image du festival.

Couleur Café - La Libre.be
Animations de rue à Couleur Café
Mots-clés : couleur café festival

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