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Festival

Un vendredi soir électrique

P.D.G.

Mis en ligne le 29/06/2009

La guitare était à l'honneur. Avec un secret qui avait été bien gardé.

Les longues files à l’entrée du festival lorsqu’il affiche complet, comme vendredi soir, ce n’est pas une surprise. La grande scène "open air" trônant à la place du traditionnel chapiteau "Univers" en était une belle, par contre. Le secret avait été bien gardé : pour sa 20e édition le festival bruxellois avait décidé de franchir le pas, et tant pis pour les risques d’orage. Une belle grande scène donc, dont les deux côtés représentaient des baffles avec les "woofers" principaux jouant le rôle d’écran géant. Un dispositif du plus bel effet.

Relation de cause à effet ? Amadou & Mariam, ainsi qu’Ayo, nous ont semblé livrer des concerts beaucoup plus emballants que ce qu’ils avaient montré, plus tôt dans l’année, lors de leurs passages respectifs à l’Ancienne Belgique. Un mérite qui revient en partie à Amadou Bagayoko qui, à plusieurs reprises, démontre pourquoi il est un des guitaristes maliens les plus respectés dans ce berceau du blues africain. Une soirée qui part pied au plancher et qui connaît un premier sommet, en toute fin de concert, avec l’enchaînement des trois tubes "La Réalité", "Sabali" et "Dimanche à Bamako".

C’est dire si l’on craignait le retour du bâton avec Ayo dont les dernières prestations, trop "nunuches", ne nous avaient pas laissé une bonne impression. Apparemment, l’Allemande, d’origine nigériane, s’est souvenue que son nom de scène signifiait "joie", en langage yoruba, tout au long d’une prestation très enlevée. Avec, en bonus, un hommage enjoué à celui dont le décès planait sur le site sous la forme d’un "I want you back", le premier single des Jackson 5, très enjoué.

L’ennemi du festivalier étant le chevauchement des prestations, on ne pourra que, partiellement, évoquer le concert de Keziah Jones. Qui nous a paru aussi sexy et brut de décoffrage qu’à l’habitude. Il a beau être entouré sur scène, on ne voit que lui, torse nu et chapeau, et sa guitare dont il tire des rythmes funky en diable.

Place au clou de la soirée : Ben Harper. Avec son nouveau groupe, les Relentless 7, il se concentre logiquement sur son dernier album à la tonalité rock marquée. Un peu trop sur scène d’ailleurs, où les soli de guitare se succèdent. Ce n’est pas qu’ils sont mal exécutés, bien au contraire, mais Ben Harper, assis la guitare posée à plat sur ses genoux, les yeux fermés la plupart du temps, s’est apparemment retiré loin à l’intérieur de lui-même. Heureusement lorsque l’ennui guette, sa voix, formée à l’école du gospel et du "spiritual negro", vous ramène dans le droit chemin. Voilà un mec qui habite chacune de ses chansons comme il en fait la démonstration sur une fabuleuse reprise du "Under pressure" de Queen et Bowie. En fin de concert, Ben redescend sur terre et salue, pendant de longs moments, un public qui aurait aimé vivre une telle communion dès le début du set. La nuit est déjà bien entamée et elle n’est pas la seule...

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