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Festival de Dour

A devenir Dour d’oreille

Michi-Hiro Tamaï

Mis en ligne le 16/07/2009

Gonflé comme jamais, le festival de Dour - 21e du nom - explosera dès jeudi, entre gros coups et découvertes aventureuses. Pourvu que ça Dour.

Carrefour incontournable de musiques alternatives, le 21e festival de Dour relancera son énorme machinerie annuelle dès jeudi. Six scènes, deux cents concerts, quatre jours et 85 € : la formule éprouvée reste efficace pour les mordus de reggae, ska, hip hop, electro, rock, metal et autres sous-genres obscurs. Si l’événement n’a pas l’habitude des énormes têtes d’affiches façon Werchter, son programme aligne les pointures. Jamie Lidell, Santigold, IAM, Mercury Rev, Tryo, les Pet Shop Boys et Animal Collective n’ont toutefois pas (encore?) permis de rééditer l’exploit du sold out préfestivalier établi en 2007. "Les 36 000 places disponibles ne se sont pas encore écoulées. Il reste environ 3 000 pass quatre jours et autant de tickets une journée", précise Alex Stevens, co-programmateur et attaché de presse de l’événement.

Explication ? "Certains ont gardé à tort un mauvais souvenir des problèmes de circulation interne de 2007, le buzz créé sur le net cette année-là s’est essoufflé et la conjoncture économique n’est pas favorable." Les tentations ne manquent pourtant pas. Car au-delà des artistes précités et de quelques noms rap à voir le samedi (EPMD, Black Milk ), la soirée dominicale des 5 Elements of Hip Hop verra entre autres défiler MixMaster Mike des Beastie Boys, Muggs de Cypress Hill et Rahzel des Roots pour un décorticage tout en rap, DJing, beat-boxing, break-dance et graffiti.

Sans oublier le même jour, Aphex Twin (et Hecker) pour un concert doublé d’une installation audio en 5.1. Une belle exclusivité nationale pour la programmation qui tentait depuis cinq ans d’attraper dans ses filets l’Irlandais adepte d’électro radicale. "Mais généralement, on ne perd pas de temps à s’attarder sur des groupes qu’on ne peut pas décrocher, note Alex Stevens. On a toujours plus d’idées que de places sur l’affiche." Pas d’ulcère donc suite à l’annulation de Sébastien Tellier, judicieusement remplacé par Esser.

Au-delà de ces sentiers - relativement - balisés, le hors-piste est vivement conseillé sur la plaine dite de la Machine à feu. Impossible de citer toutes les étapes. Mais Gong, The Dodos, Caribou, Deerhoof, The Horrors, O’Death, Pascale Picard Band et Au Revoir Simone assureront de belles montées et descentes rock et folk tandis que Madensuyu et Drums Are For Parades joueront aux découvertes gantoises. Les tentations de virées electro ne manqueront pas non plus avec Digitalism, Luke Slater, Crystal Castles, Does It Offend You Yeah ?, Matthew Herbert et Magnus. Les tympans fatigués se reposeront avec The Aggrolites, Israel Vibrations, Buju Banton, Tokyo Ska Paradise en mode reggae, ragga/dance hall et ska.

Converti à la religion web participatif (Spor joue grâce aux internautes), Dour ouvre ses portes aux non-musiciens. Un karaoké ouvert aux festivaliers avec Ullmann Kararocké suivra ainsi la finale belge du championnat d’Air Guitar, avec les très festifs I’m From Barcelona en intermède. "Quand ils vont à une soirée, les gens publient leurs photos sur Facebook. Ils ne sont donc plus passifs et ne se contentent plus de concerts et de bières, sourit Alex Stevens. Cette démarche décalée colle avec ce qu’on avait fait avec Rémy Bricka ou le sosie de Claude François il y a quelques années. Dour est devenu un des plus grands d’Europe mais garde son second degré."

Dour, du 16 au 19 juillet, 40 €/jour, 85 € le pass 4 jours. Infos: www.dourfestival.be/fr

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