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Francofolies

Tryo : un grain de folie furieuse

Sabine Lourtie

Mis en ligne le 23/07/2009

C'est ce qui s'appelle terminer en beauté. Le groupe français Tryo, qui clôturait les 16es Francofolies de Spa, a semé son grain de folie furieuse.

Pour ce dernier soir des Francofolies de Spa, on espérait un concert en apothéose. On n’est pas déçus. Cédric (et les) Gervy, malgré un pied immobilisé, s’est démené pour embarquer le public dans son univers éclectique qui sautille entre humour décalé, jeux de mots, cynisme et drôleries décapantes. Pas gagné d’avance Même si les aficionados du chanteur sont là pour remuer, les festivaliers resteront relativement hermétiques à ce rock festif et très second degré. Il arrivera tout de même à les dérider en bout de course, aidé par un "Poisson d’avril" réactualisé, son incontournable "Playstation" ("Ses parents voulaient l’appeler John, ils auraient dû l’appeler Station") et des déguisements successifs.

Entrera ensuite sur scène la "femme chocolat", très attendue. Dans sa robe flamenco flamboyante, Olivia Ruiz se la joue sensuelle, charismatique. "Spa, c’est la dernière chance de vous faire entendre", crie-t-elle. Son nouveau répertoire ("Miss Météores"), qui vogue sur des influences plus rocks et hispanisantes, avec des morceaux en anglais et en espagnol, ne soulèvera toutefois pas la foule. Au contraire de ses "tubes", largement acclamés: "La Femme Chocolat", "Elle panique", "J’traîne des pieds" (où elle est perchée sur une balançoire). On retiendra un set puissant, bouillonnant d’énergie, mais sans réelle effusion partagée.

Quand, une heure plus tard, sur le coup de 22 h 30, les gars de Tryo déboulent sur scène, on est submergés par un vent de fraîcheur, qui se clôturera en raz-de-marée. Les bulldozers de la chanson engagée ont tout retourné sur leur passage, devant un public intergénérationnel qui n’a cessé de sautiller sur les rythmes reggae. Ils ont littéralement mis le feu à Spa et ce concert fut de loin un des plus réussis de la grande scène. Si l’engagement et le militantisme collent à la peau des six Français ("Marcher droit", "Ce que l’on sème", "Pompes à fric"), ils ont aussi distillé des textes plus légers comme le tendre morceau "Jocelyne", amoureuse de son pierceur. L’harmonisation vocales des trois chanteurs fait frémir les oreilles, tout comme les percussions endiablées. Sans oublier cette bonne humeur contagieuse et un Mali en grande forme qui jouait les animateurs/chauffeurs de salle avec brio. En point final, les six lascars enflammeront la Perle des Ardennes avec une reprise du "Poinçonneur des Lilas" de Gainsbourg et l’incontournable "L’Hymne de nos campagnes". Ils ont du mal à lâcher la scène et s’ébroueront une dernière fois dans une chorégraphie de leur cru sur "Around The World" (Daft Punk). Le triomphe est complet. Rideau !

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