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concert - Botanique
JP Nataf, coupable de superbe
Alexandre Alajbegovic
Mis en ligne le 19/03/2010
Un album ("Clair") touché par la grâce fin 2009, une salutation unanime par ses pairs comme par la presse, le concert de JP Nataf, mercredi soir à la Rotonde du Bota, n’avait pas vraiment de quoi susciter la crainte. Surtout quand on connaît le bagage de l’ex-Innocents, tant sur le devant de la scène que dans l’ombre des collaborations. L’intuition n’était qu’un ersatz du résultat.
Si la Rotonde est bondée, elle l’est autant par des quadras nostalgiques des "Inno" que par un public plus jeune, preuve qu’avec son projet solo, JP a su rabattre les fidèles en séduisant les non-avertis. Barbe de gourou et lunettes noires, étriqué mais bigrement classe dans son costume anthracite, c’est en dandy rock que JP ouvre sur le somptueux "Les Lacets". Seul. Le ton est posé, exacerbant les intentions de l’album : simple mais rigoureux, superbement esthétique. Des jalons confirmés quand batterie, basse et violon rejoignent leur barbu. "Clair" prend alors toute sa dimension, elle ne fera que grandir au fil du concert. Car on parle là d’un concert, d’un vrai, avec son lot d’incidents techniques, d’arsouilles éméchées dans le public, les uns comme les autres endigués avec humour par JP. On n’apprend pas au vieux sage à faire la grimace. Flottant par moments, très rock par d’autres, le passage de JP au Bota confirme plus qu’un projet, c’est une certaine vision de la chanson française qui est ici défendue. Une vraie pierre à l’édifice, avec aussi peu de prétentions que de concessions. A l’image de sa version live, qui finit en apothéose sur "Un monde parfait" - avec Jil Caplan invitée aux choeurs -, un titre comme un vestige d’une époque passée, jamais reniée. Nul doute que JP Nataf est en train d’en écrire une autre. Le concert de mercredi nous l’annonce longue. A (re) voir sous tous les prétextes.
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