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Concert

La force est avec U2 (Vidéos)

D.S. et V.B.

Mis en ligne le 23/09/2010

Le quatuor signe une prestation visuellement grandiose. Reste le son...

Ce bol ! Les cieux sont avec les dieux du stade et leur public. Avant le premier des deux concerts de U2 à Bruxelles, un joli soleil descend sur le Heysel où le public arrive comme à un pique-nique. Tranquille. Les abords du stade Roi Baudouin ont une improbable allure de kermesse; la rue de Marathon est une terrasse que beaucoup n’ont pas envie de quitter.

Dommage car Interpol, ça vaut le coup d’oreille. Pour une fois qu’une première partie est cohérente avec la suite... Comme U2, Interpol est issu de la mouvance post-punk, plus tardive, certes, mais tout de même. Comme pour U2, Joy Division est l’un de ces phares sombres dans la nuit. Engoncés dans leur costume, on les prendrait plus pour des Londoniens que pour les New-Yorkais qu’ils sont, mais ils assurent sans sourciller. Dommage que le son ait tendance à la réverbération tournoyante. Assurer une première partie, même pour les meilleurs, est un art bien ingrat.

Il fait nuit sur le stade qui se remplit allégrement. Au moins, ce beau temps découragera Bono de chanter "Purple Rain", Singin’ in the Rain" ou "I Can’t stand the Rain" comme il le fait récemment à Münich ou Zürich. On parle du loup, on en voit les lunettes... 21h17, dans un stade encore éclairé, les quatre membres de U2 se direigent tranquillement vers la scène. Cool. Pour marquer son territoire, Bono fait le tour de la grande piste circulaire avant de rejoindre ses trois comparses. C’est le "Return of the Stingray Guitar", toutes lumières allumées, le groupe regardant son public dans les yeux. "Beautiful Day" se fête dans l’obscurité. Déjà la foule n’est que houle, vagues... Bien installés dans leur personnage, bien campés sur leur son mahousse, les quatre U2: le riff de "Walk away, walk away, I Will Follow You" fait un malheur, et en laisse présager bien d’autres...

Les incontournables du début sont pourtant là, mais "Get On Your Boots" est rétrogradé en quatrième position par exemple. Il est suivi par un "Magnificent" qui porte bien son nom.

Les Irlandais jouent bien le concept des 360 degrés mais pas toujours avec assiduité. Bono et The Edge font bien le tour mais le bassiste Adam Clayton reste souvent en place face à la plus grande partie du public, normal pour la section rythmique, la base du groupe. "In A Little While" invite un gamin sur scène. Bono lui fait faire un petit tour du propriétaire jusque sur la passerelle, où tous deux regardent le message de l’astronaute belge Frank De Winne, enregistré depuis la Station spatiale internationale.

Puis, U2 rend hommage à Pavarotti avec qui chantait Bono au sein du projet des Passengers il y a déjà longtemps. "Is there a time ?" dit la chanson. En tout cas, c’est le moment où l’écran passe en mode étendu. Les cellules Led s’écartent, et les messages qui y sont inscrit se fragmentent pour laisser place à des cases colorées, puis à des cellules clignotantes. Sur "Vertigo", le grand vertige emporte alors le public dans un déluge rock et aussi copieusement électro comme sur "I’ll Go Crazy If I Don’t Go Crazy Tonight", où les Dublinois insèrent quelques mesures du "Two Tribes" des Anglais de Frankie Goes To Hollywood. La griffe du 360° Tour devient une gigantesque discothèque. Laquelle résonne bientôt sous le tambour martial du célébrissime "Sunday, Bloody Sunday". "Walk On" calme le jeu, mettant à l’honneur Aung San Suu Kyi et encourage sa marche pour la liberté d’expression et les droits de l’homme de son pays, la Birmanie. Comme sur "I Still Haven’t Found..." plus tôt, "Where The Streets have no name", est l’occasion d’une grande communion avec le public, toujours impressionnante. Mais la voix de Bono semble ici marquer le pas. Elle est heureusement bien soutenue par The Edge. U2 quitte le crabe après "Ultraviolet" et "With Or Without You", sous les vivas de la foule qui les contraindra à un nouveau morceau, "Moments Odf Surrender"; qui boucle deux heures d’un spectacle grandiose visuellement, mais musicalement pas toujours enthousiasmant.

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