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Concert U2

Du bon usage de la “griffe”

Vincent Braun

Mis en ligne le 24/09/2010

La scène du 360° Tour en impose, mais U2 n’abuse pas du concept de spectacle circulaire.

On a beau avoir déjà vu la “griffe”, comme on la surnomme affectueusement, la colossale scène de la tournée 360° de U2 reste impressionnante. Davantage encore au stade Roi Baudouin (moins large que celui de Barcelone), où le “crabe” remplit complètement l’un des deux arrondis de l’arène bruxelloise tandis que son dos arrive quasiment à la toiture. L’énorme antenne qui surmonte largement le toit du stade ne servira pas ici, comme à Barcelone le 30 juin 2009 au lancement de l’actuelle tournée mondiale, à contacter les astronautes de la Station spatiale internationale. Qu’à cela ne tienne, U2 diffusera un message vidéo de Frank De Winne sur le morceau “In A Little While”. Bono en profitera pour remercier tous les Belges, concepteurs de l’écran conique et bâtisseurs de la scène, sans lesquels le 360° Tour n’existerait pas. “Nous sommes un groupe irlandais, nous avons beaucoup de personnel irlandais, mais cette tournée est menée par les Belges. Merci pour la scène, pour la technologie. Cette tournée est vraiment un retour au bercail” , dira Bono. De quoi galvaniser le sentiment national, bien malmené actuellement.

Le concept circulaire de la tournée, qui prolonge l’idée du dernier album “No Line On The Horizon”, U2 en use plutôt bien, même si ce n’est pas non plus la panacée pour tous les spectateurs. Dès son entrée, toutes lumières allumées, Bono s’en va faire un long tour de piste, parcourant l’anneau qui cerne à distance la scène proprement dite. Rien de tel pour chauffer le public à l’intérieur et à l’extérieur de la piste. Hormis la batterie, immobile par nature, le guitariste The Edge et le bassiste Adam Clayton se déplaceront aussi sur cette piste. Mais ils resteront prioritairement en place et, qui plus est, orientés vers la plus grande partie de la foule.

Les deux passerelles, qui relient la scène à la piste externe, coulissent dans tous les sens pour parfois se rapprocher jusqu’à ce que Bono et The Edge se touchent presque de la main, comme sur “Until The End Of the World”, en début de concert. Quant à l’écran conique, il diffuse les images du concert mêlées souvent à d’autres, tel un écran total connecté à l’univers tout entier. Evidemment, tout ce cirque ne fait pas que des heureux. Sans parler de ceux qui ne voient pas grand-chose au centre et à l’autre bout du stade (malgré le “crabe”, un stade reste un stade), la caméra qui suit Bono (surtout) se trouve systématiquement dans l’axe de la foule qui se trouve à ses pieds. On ne peut à la fois se vouloir omniprésent à l’écran, visible à 360 degrés à la ronde, et garantir une vue imprenable à tous, privilégiés ou non…

© La Libre Belgique 2010

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