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Le rêve éveillé de Sarah

Pascal De Gendt

Mis en ligne le 19/10/2011

Hier soir, à la Rotonde du Bota, la jeune Bruxelloise a prolongé son “conte de fées”. Les magiciens : Internet et AKA Music. Une nouvelle façon de se faire entendre.
Entretien

Dans ses rêves, une jeune Bruxelloise qui s’imagine star du R’n’B (rock star ne fait plus recette), s’imaginera jouer devant une grande salle, style Forest National. A la limite l’Ancienne Belgique. Mais pas la Rotonde du Botanique. Pourtant, hier, quand Sarah Carlier, 21 ans, s’est présentée devant la petite salle, nul doute qu’elle a atteint le nirvana. De sa chambre d’ado aux salles de concert, en passant par les "playlists" des plus grosses radios sur lesquelles on peut entendre ses deux singles, "Backstage" et "Tenderness", le chemin n’a pas été traditionnel. Mais plutôt représentatif des bienfaits que peut amener Internet lorsqu’il relie directement un artiste à son auditoire potentiel. La courroie de transmission, c’est AKA Music (www.akamusic.com), un de ces sites qui permettent à tout un chacun de mettre en ligne ses compositions en espérant que des internautes soient séduits et versent une contribution.

Pour Sarah Carlier, ce sont 758 personnes qui ont craqué, lui permettant d’enregistrer un premier album de soul acoustique, certes pas révolutionnaire mais au charme immédiat. Nous avons rencontré la timide Bruxelloise qui, à ses dires, vit "un conte de fées". Cliché peut-être mais totalement vrai.

Quand avez-vous commencé à composer ?

Peu après avoir reçu ma première guitare à 16 ans. J’ai commencé par des petites reprises de chansons que j’aimais bien, puis je me suis lancée dans mes propres compositions. Jouer seule dans ma chambre était déjà un plaisir mais il arrive un moment où tu as envie de partager tes émotions. J’ai d’abord posté des vidéos sur YouTube puis sur AKA Music. A ma grande surprise, des internautes ont investi assez d’argent pour enregistrer un album.

Une fois la somme nécessaire récoltée, comment cela se passe-t-il exactement ?

On réfléchit à ce qu’on veut faire avec l’équipe d’Aka. Au fur et à mesure des rencontres, tu intègres des musiciens dans le projet, et j’ai eu la chance de tomber sur des personnes qui ont bien ressenti ce que je voulais sans que je n’arrive vraiment à l’exprimer par des mots.

Cet album, c’est la réalisation d’un rêve ?

Pas vraiment parce que je ne pensais pas arriver jusque-là. Mon rêve, c’était d’arriver à communiquer cela avec d’autres gens en faisant des petits concerts, par exemple. Faire un album, cela me semblait très compliqué.

Les réactions des internautes vous ont servi ?

Ce sont surtout des encouragements. Ne fût-ce que quelques euros investis sans donner d’explications, c’est déjà très motivant.

Le guitare-voix, c’est un choix par défaut ?

Non mais je veux découvrir d’autres choses. Il y a encore plein de configurations que j’aimerais tester pour trouver celle dans laquelle je me retrouverais à 100 %. Je baigne dans la musique depuis que je suis bébé, à la fois chez mon père, plutôt rock, et chez ma mère, qui écoute plutôt de la musique africaine, de la chanson française et de la folk.

Et vous, vos premières amours musicales ?

Si je devais en choisir un : Ray Lamontagne. Quand je l’ai découvert, j’ai été bluffée par la manière dont il transmet les émotions. Et par la pureté de sa musique. J’ai encore en tête l’image du moment où j’ai entendu pour la première fois "Winter Birds".

Savoir Plus

Sarah Carlier, "For those who believe" (AKA Music)

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