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Icône Cohen
Dominique Simonet
Mis en ligne le 26/01/2012
Douzième album studio de Leonard Cohen, “Old Ideas” sort à la fin de la semaine. Ces “vieilles idées” font de magnifiques chansons, dont l’auteur parle avec un humour distingué.
Ces jours-ci, l’on distribue le terme d’icône à tire-larigot. Madonna ou Lady Gaga, icônes de quoi, au fond ? Pour comprendre, ressentir même ce qu’est une authentique apparition, il faut voir Leonard Cohen entrer dans le salon doré d’un grand hôtel parisien. Une cinquantaine de représentants de la presse européenne sont là pour les écouter, son nouvel album et lui.
Doux et large sourire, le personnage soulève le chapeau noir, partie intégrante de son image élégante : "Merci d’être venus si nombreux et de si loin, commence le septuagénaire dont la voix, immédiatement, fascine. Je ne serai pas devant vous durant l’écoute du disque, afin de ne pas influencer vos réactions, favorables ou défavorables. De toute manière, je ne connais pas pire critique de mon œuvre que moi " C’est Leonard Cohen, ça, avec toute sa sensibilité : joliment dit, pointe de distanciation humoristique, zeste de réflexion bien mûrie.
Nous sommes là d’abord pour écouter le nouvel album, à paraître cette fin de semaine, "Old Ideas". De bonnes vieilles idées avec lesquelles on fait les meilleures chansons, c’est-à-dire l’amour et ses tourments, la mort, la nostalgie et quelque chose d’une rédemption comme ouverture possible. C’est dans cette tradition des thèmes éternels que le musicien montréalais se situe, en des mots que l’on qualifierait de simples s’ils ne suscitaient pas l’émoi poétique. Lui-même s’en amuse : "Les bonnes chansons ont la capacité de toucher le cœur, avec ses douleurs et ses échecs. Mais elles sont aussi là quand on lave la vaisselle ou quand on tombe amoureux."
De la chanson, qu’il pratique depuis 1954, il en connaît un bout, l’homme au visage et au corps amincis par l’âge, mais à l’esprit d’un jeune de 77 ans. "Lorsqu’une chanson semble parler de souffrance, c’est que vous souffrez vous-même. Le joyeux "Jingle Bells" , chanté au ralenti, peut devenir très mélancolique "Happy Birthday" , chanté par Marilyn Monroe, devient une invitation érotique. Une chanson, c’est comme le tofu, elle prend le goût du bouillon dans lequel elle trempe. Une bonne chanson donne la réponse à toutes ces questions."
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