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Whitney Houston, une voix, des hauts et des bas

M.-A. G. et S. L.

Mis en ligne le 13/02/2012

VIDEO Whitney Houston, 48 ans, a été retrouvée inanimée dans une chambre d’hôtel de Los Angeles. Retour sur un succès et une voix hors normes.

Une des voix les plus frémissantes de la musique populaire issue de la culture afro-américaine : ainsi pouvait-on qualifier le chant de Whitney Houston, quand elle était au faîte de sa gloire dans les années 80.

Samedi, la chanteuse et comédienne de 48 ans a été retrouvée inanimée dans une chambre du Beverly Hilton Hotel de Los Angeles. Les causes de sa mort restent indéterminées et l’on est toujours en attente des résultats des enquêteurs de la police. Ce soir-là, elle était attendue à une réception - qui se tenait en marge des Grammy Awards - organisée, comme chaque année, par le magnat du disque Clive Davis, celui-là même qui la révéla en produisant son premier album en 1985. Dès l’annonce de son décès, les organisateurs de la 54e cérémonie des Grammys - qui s’est déroulée dimanche soir - insistaient sur le fait qu’un hommage lui serait rendu en chanson par Jennifer Hudson. Cette chanteuse reçut des mains de Whitney Houston, lors de l’édition 2009 des Grammy Awards, le trophée de meilleur album de R&B. Au cours de sa carrière, Miss Houston remporta, elle, six exemplaires de ce que l’on peut appeler les "Oscars" de la musique.

Née le 9 août 1963 à Newark, Whitney Houston est nourrie au gospel, à la soul, au R&B. Sa mère, Cissy Houston, est réputée pour avoir été la choriste de pointures telles Elvis Presley et Aretha Franklin. Ses cousines, Dee Dee et surtout Dionne Warwick, ont connu le succès comme chanteuses, dans les années 60 et 70 - la première détient cinq Grammys. Whitney marche d’abord sur les pas de sa mère, en donnant elle-même de la voix auprès de Chaka Khan, Jermaine Jackson ou encore les Neville Brothers. Au tournant des années 70-80, elle fait la couverture de grands magazines américains, pas encore en tant qu’artiste, mais comme mannequin.

Elle n’a que vingt ans quand elle signe, en 1983, son premier contrat avec une maison de disques (Arista). Paru en 1985, l’album "Whitney Houston" marque le début d’une carrière fulgurante. Le monde tombe sous le charme de cette voix puissante et fine, cette personnalité solaire, qui chante l’amour à chaque titre : "You Give Good Love", "Saving All My Love For You", "The Greatest Love of All" et "How Will I Know" ( "Tell Me Is It Really Love ?")", pour ne citer que quatre des tubes de cet album qui se vendit à plus de 20 millions d’exemplaires. Deux ans plus tard, son second opus "Whitney" se hisse, dès sa sortie, au sommet des ventes aux Etats-Unis - une première pour une femme - et les numéros 1 s’enchaînent : "I Wanna Dance With Somebody", "Didn’t We Almost Have It All", etc.

La carrière de Whitney Houston s’avère, comme sa voix, hors normes. Selon le livre des records, elle est l’artiste qui a remporté le plus de récompenses, avec plus de 400 distinctions. Son site officiel parle de 170 millions d’albums écoulés dans le monde en vingt-cinq ans !

Si Whitney Houston possède une voix en or - qui lui valut le surnom "The Voice ("La Voix") -, son univers musical, lui, ne brille pas d’une originalité transcendante. Il puise certes des influences dans la soul et le R&B, mais s’inscrit, au final, dans des productions "mainstream", dans l’air du temps. Les talents de la chanteuse se perdent dans des réalisations trop artificielles, trop sophistiquées - marque de fabrique de certains producteurs des années 80 - alors que tout le monde s’accorde pour la définir comme une digne héritière d’Aretha Franklin.

En 1992, Whitney Houston prend la direction des studios de cinéma (voir ci-dessous) et tourne "Bodyguard". Elle signe également la BO du film (qui sera couronnée d’un Grammy Award en 1994), "I Will Always Love You", une reprise de la chanson de Dolly Parton. Le disque se vendra à 16 millions de copies. D’autres BO comme "Waiting To Exhale" et "The Preacher’s Wife", n’atteindront jamais ces scores.

1992 est aussi l’année de son mariage avec Bobby Brown. De leur union naîtra, le 4 mars 1993, Bobbi Christina. Il faudra attendre 1998 pour qu’elle revienne, poussée par son entourage, avec "My Love Is Your Love", son premier véritable album depuis huit ans, depuis "I’m Your Baby Tonight" (1990). Instable et violent, son mari l’entraîne dans l’enfer de la drogue, tout comme dans une série de scandales médiatiques. N’étant plus que l’ombre d’elle-même, Whitney Houston est rapidement balayée par de jeunes recrues. Mariah Carey, Beyoncé, Rihanna se font une place au soleil de la R&B. Dans les années 2000, son nom apparaît davantage dans les chroniques people que dans les rubriques culturelles : la vie de Whitney Houston est en effet rythmée par les cures de désintoxication. Ce n’est qu’en septembre 2006 qu’elle se décide enfin à divorcer.

Trois ans plus tard sort l’album "I Look To You". Sa voix, qu’on avait connue exceptionnellement souple, est éraillée, méconnaissable. Même signées par R. Kelly ou Aliaune "Akon" Thiam, les arrangements de ses chansons sont indigents. Une nouvelle carrière aurait pu se profiler, mais sa voix est éteinte. La prise de cannabis, de cocaïne et de médicaments a sans doute eu raison de ses cordes vocales.

Cela ne l’empêche pas d’entamer une tournée mondiale, en 2010, intitulée "Nothin’ But Love", peu mémorable et d’ailleurs interrompue pour des problèmes de "santé". Elle fut bien hospitalisée à Paris pour une infection respiratoire, mais elle était toujours confrontée à ses démons qui lui valurent une nouvelle cure de désintoxication au printemps 2010. Elle n’a jamais remonté la pente.

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Whitney Houston- "I will always love you"

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