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Les disque de la semaine (30/08/2006)
Mis en ligne le 30/08/2006
Jean-Sébastien Bach, Le clavier bien tempéré II
Andrei Vieru ***
Mal connu encore dans notre pays, le pianiste français d'origine roumaine Andrei Vieru mériterait sans nul doute plus de notoriété. Fils du compositeur Anatol Vieru mais aussi digne héritier d'une lignée de pianistes roumains aussi illustres que Dinu Lipatti et Radu Lupu, il achève ici avec le deuxième livre une intégrale du «Clavier bien tempéré» qui fera date.
Il parait que Vieru hésita longtemps entre la musique et les mathématiques, mais la simplicité de son approche et la transparence de son toucher l'inscrivent plus du côté de Richter ou Schiff que de celui de Gould. C'est une merveille que d'entendre cet émouvant mélange d'humilité et d'intériorité qui caractérisent son jeu. (N.B.)
3 CD Alpha 094, 2 h 47 min 54 sec, AMG.
J.Haydn, Quatuors à cordes
Quatuor Ebène **
Constitué en 1999, Ebène fait partie de la génération montante des quatuors français. Pour son premier disque, il a choisi Haydn, avec un quatuor de l'opus 33 (si mineur n°1), le célèbre «Alouette» de l'opus 64 et le sol majeur n°1 de l'opus 76. Choix judicieux, qui permet de mettre en valeur les qualités d'énergie et de cohésion de quatre musiciens jouant sur instruments modernes mais en tenant compte de certains acquis du mouvement baroqueux. On peut toutefois trouver à certaines options (le vivace final de «L'alouette» façon prestissimo) un côté jeune cheval encore à débourrer. Et, si l'idée d'enregistrer ce premier disque en public est défendable, fallait-il vraiment ajouter avant même les premières notes du disque 25 secondes d'applaudissements? (N.B.)
CD Mirare MIR 013, 58 min, Harmonia Mundi. En concert à Namur le 31 octobre.
W.A.Mozart, Airs et duos
Netrebko, Terfel... **
Promue star à Salzbourg en 2002 avec «Don Giovanni» et confirmée au même endroit cet été dans «Les Noces de Figaro», Anna Netrebko n'a jusqu'ici pas enregistré d'intégrale mozartienne. En attendant les DVD, voici un album CD où la soprano désormais russo-autrichienne chante des scènes de Susanna et Donna Anna, mais aussi Zerlina de «Don Giovanni», Servilia de «La Clemenza di Tito», Elettra et (avec des problèmes d'intonation) Ilia d'«Idomeneo».
Le tout ne faisant pas un disque entier, d'autres chanteurs (Quasthoff, Terfel, Garança...) viennent avec d'autres extraits des mêmes opéras compléter ce disque un peu hétéroclite, dans lequel on a même glissé des extraits de la récente «Flute enchantée» de Claudio Abbado. (N.B.)
CD DG 477 6927, 59 min 30 sec, Universal.
Guillaume Dufay, Tempio dell'Onore e delle Vertu
Cantica Symphonia ***
L'ensemble Cantica Symphonia est originaire de Pinerolo, dans le Piémont. Ses musiciens se sont souvenus du passé glorieux de cette ville qui fut une des capitales des Comtes de Savoie. Lesquels, en 1434, engagèrent comme maitre de chapelle le très prestigieux Guillaume Dufay. Et comme, quelques années plus tard, on joua à Pinerolo une «moralité» ayant pour titre «Temple de l'Honneur et des Vertus», c'est celui-ci qui a été choisi pour cette très belle collection de chansons composées par Dufay dans la première partie de sa carrière. Les voix (2 ténors/3 sopranos) sont superbes, les timbres se marient idéalement, mais on appréciera aussi la justesse de l'équilibre entre ces voix et les quelques instruments qui les soutiennent discrètement. (N.B.)
CD Glossa GCD P 31903, 1 h 8 min 15 sec, Codaex.
Lux Feminae, 900-1600
Montserrat Figueras ****
Le disque proposé par la soprano Montserrat Figueras représente tout à la fois un monument musicologique, une ambiance vocale inimitable et un acte d'amour adressé aux femmes, et, en leur nom, au monde. On ne parlera pas de «livret»: le disque est enchâssé dans un beau livre cartonné, où la structure de l'enregistrement -sept états de la femme, à travers des chants allant du Xe au XVIIe siècle- est proposée en six langues et richement illustrée. Entre deux «feminae», les portraits des fondateurs: la soprano et son Jordi d'époux, l'«inspirateur». Et plus loin, ses enfants et ses amis musiciens. Et tous les chants, référencés et traduits. Et la voix de Montserrat, rejointe parfois par des «soeurs» (dont sa fille Arianna). (MDM)
1 CD Alia Vox, 70 min 53 sec, AVSA 9847.
Regina Carter
I'll Be Seeing You: A Sentimental Journey ***
Malgré quelques hérauts de la trempe de Stéphane Grappelli, le violon reste un instrument marginal en jazz. Heureusement qu'apparaissent parfois des artistes comme Regina Carter, capable de faire virevolter l'archet sans scrupules. Dédié à sa mère récemment disparue, cet album reprend des titres qui lui étaient chers, des standards de tous ordres et même des classiques comme «Anitra's Dance» d'Edouard Grieg. Le classique est bien sûr la formation de cette jeune instrumentiste originaire de Detroit, dans le Michigan. Avec un naturel confondant, elle parvient à enrober un titre comme «Little Brown Jug» dans une suite pour violoncelle seul de Bach. Comptez sur Dee Dee Bridgewater pour enflammer «Bei Mir Bist Du Schön», et que le swing soit. (D.S.)
1 CD Verve 50962, Universal.
Garland Jeffreys
I'm Alive ***
La première bonne nouvelle de cet album, c'est son titre. En effet, prolifique entre 1970 et 1983, le très talentueux Garland Jeffreys n'a produit que deux albums depuis. Plus qu'un acte d'existence, «I'm alive» est une synthèse d'une trentaine d'années de création, pour ce singer/songwriter de 62 ans originaire de Brooklyn. S'y trouvent les musiques les plus accrocheuses, «96 Tears» (l'une de ses rares reprises), «R.O.C.K», «Wild in the Streets», etc. L'un de ses thèmes de prédilection, le racisme, est là avec «Don't Call me Buckwheat», titre d'un de ses meilleurs albums (1992), ou «I may not be your kind», qui traite de relations amoureuses interraciales. Mais la chose la plus réjouissante est encore la présence de trois nouvelles chansons, qui s'harmonisent sans heurt aux classiques. Prometteur? (D.S.)
1 CD Universal B 000FBH 46M
Christina Aguilera
Back to Basics **
Fameux contraste entre les pochettes de «Stripped» (2002), noir et blanc provoc', et de «Back to Basic», cliché à la Madonna époque blonde platine. Le double album montre que la jeune Américaine, mi-Irlandaise, mi- Equatorienne, a un tempérament dont la flamme ne baisse pas. D'une sensualité toujours aussi affirmée («Slow Down Baby», «Nasty Naughty Boy», etc.), Aguilera revient donc aux «Basics», comme Prince par exemple («Still Dirty»). «Makes me wanna pray» pourrait être une version moins séculière, sur le mode gospel, de «Lady Marmelade» (Patti LaBelle), dont elle partagea la reprise avec Pink, Mya et Lil'Kim pour le film «Moulin Rouge». Par rapport à nombre de ses consoeurs, la demoiselle a l'avantage d'être une vraie chanteuse. Mais de là à tenir la distance de 22 chansons... (D.S.)
1 double CD RCA 89634, Sony/BMG.
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