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Chanson

Le bon remède de Coralie Clément

VINCENT BRAUN

Mis en ligne le 04/10/2008

La chanteuse française publie le bien nommé "Toystore", ludique à souhait. Un troisième album frais et léger, contre la déprime et la morosité ambiantes.

RENCONTRE

C'est une collection de chansons fraiches et légères comme il en parait peu et, apparemment, sans prétention. Un disque minimaliste et ludique, puisque joué exclusivement avec une panoplie d'instruments jouets, ukulélés, pipeau, maracas, cornet de poche, sifflet à coulisse, shaker, metalophone, demi-violon alto, Melodica, baby Farfisa. Sur son troisième album, Coralie Clément s'invente un nouvel univers et revient à la chanson française, trois ans après la parenthèse power pop de "Bye Bye Beauté".

Aux commandes, une fois de plus, l'incontournable et bienveillant grand frère, Benjamin Biolay (voir ci-dessous), dont on reconnait la patte dans les paroles, les musiques et les arrangements. Dans l'esthétique du titre aussi, "Toystore", qui fait écho au précédent "Bye Bye Beauté" et à son propre "Trash Yéyé". Dans l'accompagnement aussi puisqu'on retrouve Chiara Mastroianni (son ex) pour le duo "Sono Io". Autre compagnon de duo, Etienne Daho, sur le poignant "Je ne sens plus ton amour".

Des chansons pour bouger

Coralie, trentenaire depuis un mois, assume pleinement son statut de chanteuse. "Je suis interprète et j'aime interpréter différentes choses. A l'époque où j'ai fait Bye Bye Beauté, dont je suis très fière, j'étais dans une période pop et rock. Depuis, je suis passée à autre chose. Et pour celui-ci, j'avais envie d'un album frais et léger dans un monde où la dépression a pris le dessus". Les textes, quant à eux, naviguent en eaux profondes, créant un joli contraste avec la musique, sautillante, et de la voix, claire et frêle, de la jeune femme.

Cette légèreté musicale tombe bien, le propos de la donzelle étant de faire en sorte que l'on ne tienne pas en place. "Je pense qu'on vit des choses très difficiles dans la vie, et qu'on les vit plus mal qu'on les prend très à cœur comme moi. Or, quand on ne va pas bien, on a souvent tendance à écouter des chansons super tristes. Mais on ne peut pas dire que ça remonte le moral. Moi, j'avais envie de proposer une alternative avec des chansons gaies. J'avais envie de légèreté et de fraicheur, tout ce qui me manque en ce moment. Surtout pas envie de me prendre la tête. J'avais envie d'un album sur lequel on peut sinon danser, en tout cas bouger. Je crois que la musique est là pour s'extraire des choses difficiles, du marasme".

Forcément, avec son côté naïf, la trame sonore de "Toystore" renvoie un peu au monde des enfants. "Ce sont eux aussi qui peuvent nous sortir de tous nos tracas. Bon, ce n'est pas un album pour enfants du tout parce que les textes sont durs. Mais quand je vois les enfants qui sont autour de moi chanter mes chansons, s'amuser et danser, ça me plait beaucoup. Rien que pour cela je suis très heureuse de l'avoir fait".

Et comme les instruments utilisés ont cette touche latino, cela arrondit encore les angles. "Ça, ce n'était pas volontaire. C'est juste que tous ces instruments produisent des sonorités de ce type-là. C'est drôle parce que quelque mois plus tard, quand le disque était terminé, Benjamin a fait une tournée en Amérique latine. Et on a l'impression qu'il l'a faite avant, mais pas du tout. Je pense que tous les deux nous avons ce côté latin en nous et nous avons trouvé une occasion de le développer. Pour ma part, j'avais envie de chanter en italien depuis très longtemps". C'est chose faite sur la chanson "Sono Io".

Coralie, qui se complait dans cette position entre ombre et lumière, ne s'interdit pas pour autant l'écriture. "J'écris de mon côté, mais pas pour moi. Je suis incapable d'écrire pour moi. J'ai trop de retenue, je suis trop pudique. Et puis j'ai peur de la célébrité que peut apporter ce métier. Et je n'ai pas envie de me dévoiler à ce point. Donc la position d'interprète est parfaite pour moi. Je ne dévoile que ce qui se trouve sur la partition. Et puis, j'ai envie de rester proche des gens. Or, je sais que lorsqu'on écrit, on est épié, les gens détaillent ce que vous faites. Et pour se protéger on crée alors des barrières. Je n'ai pas envie de ça. La pire chose pour moi serait de n'être plus moi-même parce qu'on m'aurait forcée à ne plus l'être".

"Toystore", Coralie Clément, Bang !

En concert le 15 novembre au Cirque Royal de Bruxelles, avec Suarez et Stéphanie Crayencour.

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