Abonnez-vous a La Libre Belgique

Histoire

"Wind of change" ou la BO de la chute du Mur

Mis en ligne le 09/11/2009

Vingt ans après, le groupe allemand Scorpions se souvient de comment il a composé la ballade devenue symbole à Berlin.

Quelques notes sifflotées, une voix haut perchée, l’obligatoire solo de guitare : "Wind of change" (Vent du changement) ne trouve pas son origine entre Berlin-Est et Berlin-Ouest, mais à Moscou, en aout 1989, se souvient Klaus Meine, chanteur-compositeur. The Scorpions, en pleine gloire, participent alors à un festival de rock avec d’autres groupes occidentaux. "L’Armée Rouge était devant la scène pour faire la sécurité, et nous tournait le dos. Quand nous sommes arrivés, [ ] ils se sont retournés vers nous et n’ont plus fait qu’un avec les fans, ils ont lancé leurs casquettes en l’air", raconte le chanteur, le visage ridé mais toujours en pantalon de cuir, béret et foulard à têtes de mort. "En rentrant à la maison, nous avions le sentiment d’avoir vu le monde changer sous nos yeux. "Wind of change" est né peu après", explique-t-il dans une petite salle tapissée de disques d’or à Hanovre, ville d’origine du groupe.

La ballade, qui ne sort qu’en 1990, devient un tube international, au point d’être, en 1991, la chanson la plus vendue au monde. Et son statut de "bande originale" de la chute du Mur est consacré en 1999 : lors des cérémonies pour le 10e anniversaire, les rockeurs jouent leur tube, accompagnés de 160 violoncellistes, sous la baguette de Rostropovitch. L’image du virtuose russe jouant Bach au pied du Mur, peu après sa chute, avait fait le tour du monde en 89.

Au moment historique de l’ouverture du Mur, The Scorpions étaient à Paris, raconte Rudolf Schenker, le guitariste qui a troqué sa moustache et sa permanente des années 80 pour des lunettes miroir et une coupe ébouriffée : "Nous étions aux Bains-Douches (célèbre boite parisienne, NdlR), Klaus regardait par-dessus mon épaule une télé au bar et m’a tout à coup dit : Hé regarde, c’est pas le Mur ? il y a des gens sur le Mur !"

Du temps de la guerre froide, le groupe n’a jamais pu jouer en RDA. Les fans est-allemands en étaient réduits à se déplacer en masse pour voir leurs idoles à Budapest ou Leningrad. Sur l’Allemagne actuelle, Klaus Meine, ami de l’ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder, porte un regard mitigé : "A l’Ouest comme à l’Est, nous avons tendance à oublier ce qu’était notre passé. Il faut se retourner et se dire que tout ne s’est pas passé aussi parfaitement que prévu, mais [ ] le fait que le Mur est tombé, que les gens sont libres, que plus personne ne doit mourir pour vivre en liberté, c’est quelque chose d’irréversible." (AFP)

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page