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rock
Channel Zero, un retour qui fait du bruit
Pascal De Gendt
Mis en ligne le 25/01/2010
Une fois n’est pas coutume, le premier gros évènement musical belge de 2010 est métal, un genre plutôt habitué, médiatiquement parlant, à mener une vie parallèle au reste du circuit musical. Le fait est historique : un groupe belge, Channel Zero, remplit six fois l’Ancienne Belgique (les 22, 23, 24, 28, 29 et 31 janvier) en un clin d’œil, et ce plus de douze ans après la fin de ses activités. Depuis, tout le monde cherche une explication à ce raz-de-marée inattendu (voir ci-dessous). Pour notre part, mis à part quelques titres entendus chez un ami ou l’autre à l’époque, on se souvient surtout d’avoir lu à l’époque des comptes rendus de concert dithyrambiques, approuvé par des connaissances ayant assisté à l’un des nombreux concerts donnés durant les sept années d’existence du groupe.
C’est donc passablement excité que nous nous sommes rendus à la première des six dates bruxelloises. A l’instar d’ailleurs des 2 000 autres personnes remplissant à ras bord la salle bruxelloise vendredi soir. T-shirts ou sweats à capuche à l’effigie des héros du jour, ou d’autres groupes du genre, le noir est de rigueur et la planète métal est dans la place. Les "vétérans" de l’époque sont là mais ils ne sont pas seuls, une belle partie du public affichant un âge qui ne lui permet pas d’avoir vu le groupe au milieu des années 90. Preuve supplémentaire que la réputation du quator a survécu à sa grosse décennie d’inactivité. Même si le guitariste et compositeur historique du groupe, Xavier Carion, a dû renoncer à ce come-back pour cause de problèmes auditifs. Il est remplacé sur scène par un routinier de la scène métal internationale, Mikey Doling, ancien membre, notamment, de Soulfly.
Comme tout le monde est impatient d’en découdre, le noir se fait dans la salle vers 20h40, quelques minutes avant l’horaire prévu. Le titre de Public Enemy, "She watch Channel Zero ?", qui a donné son nom au groupe, résonne dans les enceintes, puis des images tirées du début du clip "Black Fuel" apparaissent sur les écrans. A la première note qui résonne, des centaines de poing avec l’index et l’auriculaire tendus se tendent vers le plafond. Les ombres déformées des musiciens, bientôt rejointes par celle du chanteur, se reflètent sur un drap tendu devant la scène pendant l’intro du titre. Et quand le rideau s’abaisse, le public exulte tandis que le groupe passe à la vitesse supérieure. Vite, les boules quiès, la puissance sonore de Channel Zero n’est pas une légende.
Section rythmique de plomb et guitare qui vrombit, le début du concert est mené pied au plancher, light-show élaboré et projections à l’appui, devant une assistance qui profite du spectacle. On s’attendait cependant à un plus gros "bordel", mais c’était oublier qu’à 30 ans passés, une partie des fans ne vivent plus leur concert de la même manière qu’à 20. Mais on pointera aussi le fait que, volontairement ou non, le groupe ne cherche pas plus que cela à "emballer" son concert : des intros faites de bruitages viennent régulièrement casser le rythme, et la "frontalité" qu’on nous avait tant vantée n’est pas vraiment de la partie.
Pour qui ne vit pas le plaisir nostalgique de réentendre des titres ayant marqué sa jeunesse, le concert perd petit à petit de son intérêt. Et le nouveau single, "Black flowers", n’arrange pas les choses, tant il parait inférieur au reste du répertoire. Heureusement, alors qu’on en est à la moitié de la prestation qui durera 90 minutes, Channel Zero fait monter l’ambiance d’un cran en invitant un deuxième guitariste sur scène pour interpréter des morceaux de leurs premiers albums, lorsqu’ils étaient encore fortement influencés par le "trash metal" du Metallica des débuts. Agressif à souhait, le groupe remet le feu à la salle pour une dernière partie de concert rythmée par quelques hymnes, "Help" et "Suck my energy" en tête. Le public est aux anges et reprend en chœur ces morceaux-phares. De quoi finir la prestation sur une bonne note, même si, dehors, quelques fans de la première heure s’avouent déçus.
A la décharge de Channel Zero, n’oublions pas que, à part un concert pour des gagnants de concours le samedi précédent et un autre pour un public handicapé, il s’agissait d’une première date et que le quator doit non seulement retrouver ses marques mais aussi intégrer un nouveau membre. Logiquement, la prestation, déjà loin d’être honteuse, ne peut donc aller qu’en s’améliorant. Avec une tournée prévue au Japon, une date au Graspop en juin, des programmations dans un ou plusieurs autres festivals belges ainsi qu’étrangers, le retour de Channel Zero ne fait que commencer.
Savoir Plus
Channel Zero en quelques dates
1990. Naissance du groupe bruxellois formé par Franky "DSVD" De Smet Van Damme, Xavier Carion, Tino De Martino et Phil B.
1992. Sortie, sur le label Shark records, du premier album (éponyme), suivi, l’année suivante, de "Stigmatized ".
1994. Sortie, sur le label Pias, de l’album "Unsafe", mixé par Michael Barbiero (Metallica, Guns N’Roses, Soundgarden ), vendu à plus de 60 000 exemplaires. Le groupe se fait davantage connaître au-delà des frontières belges - mais cela restera essentiellement un succès d’estime -, aux Etats-Unis notamment. Il joue dans de grands festivals européens et tourne en Australie.
1996. Quatrième et dernier album studio, "Black Fuel".
1997. Album "Live" (enregistré au Marktrock à Louvain) et séparation du groupe.
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