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Electro-pop | Concert
Bonnes nouvelles des étoiles
Nicolas Capart
Mis en ligne le 25/01/2010
Anvers est sombre, pluvieuse et inquiétante ce samedi soir. Un cadre qui sied bien à la musique de nos hôtes. Devant le Sportpaleis s’agglutinent des milliers de trentenaires et des poussières, cherchant l’abri pour éviter les gouttes. Au café Backstage, de l’autre côté de la route, on a pour habitude de projeter sur grand écran de vieux lives des groupes présents en face. Et l’ambiance bat son plein ! Les pompes à bières font de l’excès de zèle, des chorales s’improvisent aux quatre coins du bar. Un fan éméché s’égosille sur "Personal Jesus" devant un parterre amusé, dansant sous la pluie de l’autre côté de la vitre. Signe, pour nous, qu’il est temps de rentrer.
Au printemps, nous vous avions relaté le passage de Depeche Mode au Luxembourg, coup d’envoi de leur tournée mondiale. Puis leur prestation "werchterienne", lors du TW Classics en juin. Comme lors de ces deux concerts, la légende britannique entame son show en dilettante. Arrivés sous les hourras nourris d’un public en attente, Dave, Martin, Andy et les autres enchainent des extraits de leur dernier opus dont seul le second "Wrong" convainc un tant soit peu. La faute à une section rythmique mollassonne en ce début de set. Gahan, tout de noir vêtu, agite la doublure rouge de son veston comme un toréador pour exciter la foule. Fletcher est au poste derrière les touches, lunettes vissées sur le nez. Et Gore jongle avec les grattes - déjà une rouge, une bleue, plus tard en jaune et noir ou en forme d’étoile brillante - dans ses habits de lumière.
L’éclaircie arrive sur "Walking in my Shoes", enlevé et raffiné puis scandé pour la première fois dans la salle. La chorale, dès lors, ne s’arrêtera plus. "It’s no Good" et Dave tombe la chemise. Provocateur et charismatique, le chanteur affiche une belle forme, si d’aucuns avaient encore des doutes sur son état de santé. Il tournoie tel une ballerine et multiplie les poses lascives, utilisant sans équivoque le pied de son micro S’aventure ensuite sur le catwalk et livre au cœur du public une version quatre étoiles de "World In My Eyes".
Séquence émotion. Gore, plus doué pour la chose, s’empare donc du micro et entonne "Insight" sur un fil de piano. Puis "Home", en mode épuré dépouillé de ses cordes, et la tension atteint son paroxysme. Martin sourit et semble ému tandis qu’il commande les chœurs de l’audience façon chef d’orchestre. Intensité
"I Feel You" remet de l’électricité dans l’air. Enfin, diront certains. Doucement, le vent se lève, on "savoure le silence". "Words are very unnecessary ", tellement Dave Gahan ne produit plus le moindre son, guidé par la liesse populaire qui résonne sur les parois du palais. Enfin, Depeche Mode transforme la salle en piste de danse sur "Never Let Me Down Again" avant de disparaitre
En rappel, l’ambiance reste remuante avec "Behind the Wheel", standard repris allègrement par les tenants de la scène életroclash début 2000. Mais voilà que revient, pour conclure, le refrain de "Personal Jesus". Que l’on avait croisé en début de soirée. Signe, pour nous, qu’il est temps de rentrer.
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