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concert

L’Air de rien, les deux "sexy boys" ont charmé le public belge

Pierre-François Lovens

Mis en ligne le 08/02/2010

Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel ont mené leur vaisseau électro à bonne destination, vendredi soir à l’Ancienne Belgique. Que demander de plus ?

Ont-ils bougé, ne fut-ce que d’un centimètre? Les apparences sont parfois vertigineuses. Mars 2007-février 2010... De profil, agrippé à ses synthétiseurs analogiques, Jean-Benoit Dunckel occupe le même côté (droit) de la scène de l’Ancienne Belgique qu’il y a trois ans. De l’autre côté, immobile, Nicolas Godin gère toujours tranquillement l’enchainement de ses guitares. Les chemises sont toujours de la même blancheur immaculée. Le tableau est planté, immuable.

Alors, à quoi tient donc ce plaisir de les retrouver malgré une apparente inertie? C’est là tout le charme de Air, l’un des duos les plus insolites et attachants de la scène électro. Les années passent (plus de dix ans déjà que l’ovni "Moon Safari" nous est tombé dessus), les albums s’enfilent comme les perles sur un collier et les concerts se distillent à petites doses. En mars 2007, Nicolas Godin et Jean-Benoit Dunckel - "Pocket Symphony" sous le bras - avaient eu le très bon gout d’emmener Charlotte Gainsbourg sur la scène de l’AB. Perso, on se souviendra toutefois davantage de leur passage aux Halles de Schaerbeek (le 11/09/2001!), lorsque Air avait soulevé l’enthousiasme - ce qui, avouons-le, n’est pas franchement le genre de la maison versaillaise - avec le très percutant "10,000 Hz Legend".

Vendredi soir, devant une salle de l’AB comble, et malgré un dernier opus contrasté, le public bruxellois n’a pas dû se faire violence pour (re)monter à bord d’un équipage enrichi d’un percussionniste. D’entrée de concert, "Do the joy" (The world is on the brink/The brink of our extinction/The end of an era/The end of a genre) nous propulse sur l’orbite airienne, et on s’y maintient sans peine avec "So light is her footfall" et "Love", les deux autres morceaux qui ouvrent l’album "Love 2" sorti à l’automne dernier.

Lancé en vitesse de croisière, le vaisseau frenchy connaitra bien quelques trous d’air (ben oui, vous appelez ça comment...?) durant les nonante minutes que durera l’electro-trip bruxellois. Mais, à moins de croire encore à la faculté du duo à enflammer une salle (ceux-là auront forcément été déçus), on sait que les voyages offerts par Air sont tout en douceur. On est constamment sur le fil. Tout est affaire de dosage, de retenue, d’atmosphère, d'élégance, d’émotion. On plane, et ça fait un bien fou, au risque parfois de trouver "ça" un peu trop propret et sans chaleur (les échanges verbaux avec le public sont aussi peu fréquents que très anecdotiques).

Priorité, donc, aux sonorités synthétisées.

Air a l’intelligence de ne pas épuiser, à des fins purement promotionnelles, son dernier album. Il puise allègrement dans le meilleur de ses albums. A mi-concert, l’enchainement "Tropical disease" (Love 2), "People in the city" et "Radian" (10,000 Hz Legend), suivis un peu plus loin de "Talisman" (Moon Safari), est pur régal. Le final, réglé comme du papier à musique électronique, aura fini de convaincre les (derniers) sceptiques de vendredi soir, avec l’emblématique "Sexy boy" et le sublissime "La femme d’argent".

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