Musique / Festivals Nouveau rebondissement dans la saga politico-culturelle qui oppose la Ville de Bruxelles et son émanation, l’ASBL Brussels Expo, au consortium Botanique/Sportpaleisgroup dans la gestion de la salle de spectacles le Cirque royal. Jeudi, on a appris que le Conseil d’Etat rejetait l’occupation précaire du Cirque royal par Brussels Expo.

“Occupation précaire”, quezako ? Pour bien comprendre, reprenons le fil des événements. Le 30 juin dernier, la Ville de Bruxelles, propriétaire du Cirque royal, a officiellement résilié le contrat d’exploitation accordé au Botanique depuis 1999. Celui-ci devait pourtant arriver à échéance en… 2026. Opposé à cette décision, le centre culturel a alors saisi la Justice au motif qu’il y avait conflit d’intérêts puisque des élus de la Ville de Bruxelles (dont le bourgmestre PS Philippe Close) sont, ou ont été, membres de l’ASBL Brussels Expo. Une première décision tombe  : la Ville doit lancer un appel à projets pour accorder la concession du Cirque royal. Deux candidats se présentent  : le consortium Botanique/Sportpaleisgroup et Brussels Expo.

Occupation précaire


En novembre 2016, la Ville porte, à huis clos, majorité contre opposition, son choix sur Brussels Expo. Le sang du candidat débouté ne fait qu’un tour  : le consortium introduit un recours. Rejeté par un premier juge, il est confirmé le 29 juin dernier par la Cour d’appel de Bruxelles. “La Cour d’appel n’a pas suivi la décision du tribunal de première instance et a donné raison au Botanique, empêchant Brussels Expo de mettre en œuvre le contrat qu’elle avait signé avec la Ville de Bruxelles dans l’attente du jugement sur le fond de l’affaire (NdlR  : attendu au printemps 2018), fustige-t-on chez Brussels Expo. C’est une décision provisoire, mais qui créait une période d’insécurité juridique”. La Ville décide donc de confier la gestion du Cirque royal à titre d’occupation précaire à Brussels Expo.

“La voix autoritaire de la Ville”

Mais le consortium Botanique/Sportpaleisgroup n’a pas dit son dernier mot puisqu’il a introduit un recours en extrême urgence devant le Conseil d’Etat. Lequel vient de rejeter l’occupation précaire du Cirque royal par Brussels Expo.

“Depuis 2,5 ans, nous avons très mal vécu le côté brutal et autoritaire de la décision de la Ville de Bruxelles, confie Paul-Henri Wauters, directeur artistique du Botanique. Nous nous battons parce que c’est injuste. La Ville fait fi de toute neutralité et objectivité pour privilégier toujours la même et unique option  : confier la gestion du Cirque royal à une association qui lui est proche”.

Des travaux de sécurité

Que va-t-il désormais advenir du Cirque royal et de la saison culturelle prochaine  ? “Nous sommes dans l’impasse, reconnaît-on chez Brussels Expo. Nous avions commencé à évaluer les travaux à réaliser et à sélectionner des contrats-temps. Nous devons à présent tout arrêter”. Dans l’attente du jugement sur le fond, la Ville de Bruxelles a donc décidé d’exploiter elle-même la salle. Et lancera les marchés publics nécessaires pour effectuer les travaux.

“Il y a des travaux urgents en termes de sécurité du public et d’électricité, notamment, détaille-t-on chez Brussels Expo. Ils devraient durer 12 semaines. Donc, c’est clair que la saison culturelle ne pourra pas démarrer en octobre comme c’était prévu. Nous serons dans une période d’insécurité pendant 6 mois à un an”. Quelques pistes sont cependant sur la table pour pallier cet imbroglio  : reporter des dates au cours de la saison ou examiner les disponibilités dans d’autres salles de spectacles et concerts.

“Nous avons géré la salle pendant 18 ans et cela fonctionnait bien . Mais il n’y a jamais eu de dialogue constructif entre le propriétaire (la Ville) et l’occupant (le Botanique), regrette M. Wauters. Aujourd’hui, nous sommes mis dehors. Nous sommes donc mis hors jeu par rapport à la gestion du lieu et son avenir”. Un avenir qui dépend désormais de la décision de justice attendue en 2018.