Musique / Festivals

S’il est un groupe dont les rengaines devenues éternelles fleurent bon les vacances et le soleil, c’est bien les Beach Boys. Depuis l’entame des années soixante - car la formation perpétue la légende et ses rescapés opéraient un retour discographique en 2012 avec "That’s Why God Made The Radio" - , les rockeurs californiens enfilent les tubes estivaux comme des fleurs hawaïennes sur un collier.

Certes, les garçons de la plage, sous l’impulsion créatrice de leur génial mais dissipé leader Brian Wilson, ont bien sûr publié des refrains pop plus psychés, mais les hits que furent et demeurent "Surfin’ U.S.A.", "I Get Around", "California Girls", "Wouldn’t It Be Nice" ou encore "Good Vibrations" restent ceux que le grand public retiendra et ceux qui leur permirent de passer à la postérité…

Un rien moins célèbre, l’hédoniste et candide "Don’t Worry Baby" est également de leurs morceaux susceptibles de convoquer l’été, et certainement l’une de nos pistes préférées. Extrait de "Shut Down vol. II" (où l’on croise aussi "Fun Fun Fun"), cinquième album des Beach Boys et certainement pas leur plus connu, cette chanson est un autre exemple d’hédonisme ensoleillé façon côte ouest, avec tout ce que cela implique en termes de bellâtres surfeurs, de grains de sable dans le nombril et de jeunes filles en fleur.


Des demoiselles nombreuses en pâmoison, et dont les cris stridents au premier rang furent d’une grande utilité au groupe, couvrant allègrement les fausses notes et imperfections. Car tous ses membres n’étaient pas de grands musiciens - pour certains, c’est un doux euphémisme -, loin s’en faut. Ainsi, bien des disques des Beach Boys furent enregistrés grâce au concours de musiciens de studios, dont on se garda de retenir les noms bien évidemment. Le chef-d’œuvre inachevé "Pet Sounds" en fait partie notamment. Si un groupe ou artiste usait aujourd’hui du même modus operandi, et annonçait sans sourciller que ce sont d’autres qui jouent ou chantent sur ses albums, le scandale ne tarderait pas à éclater…

Mais, à l’époque, cette pratique ne semblait pas de nature à choquer, et les Beach Boys n’étaient pas les seuls à avoir recours à des complices en studio (les Monkees en savaient quelque chose). Ces musiciens de l’ombre, qui jadis ont mis en boîte tous les singles à succès de la bande à Wilson, seront néanmoins licenciés par ce dernier dans le but d’enregistrer un disque entier joué par les vrais musiciens du groupe. Cela prendra neuf mois, coûtera une fortune en production et donnera "Smiley Smile", un projet foutraque auquel le public et la critique réserveront un accueil glacial de part et d’autre de l’Atlantique, et que d’aucuns qualifieront de "plus mauvais album des Beach Boys". Le seul qu’ils aient fait seuls comme des grands en somme.