Musique / Festivals

Ce titre est évidemment un clin d’œil à la légendaire série Nuggets, publiée par le label Elektra en 1972 et réunissant à l'époque le meilleur de la scène garage rock psyché des années soixante. Nous sommes trente ans plus tard ici, dans notre bon vieux plat pays. Et ce sont donc des trésors belges et cachés, de la décennie 1990-2000, que Mayway Records s'est attelé à rassembler dans ce premier volet.

© Harry Gruyaert

L'histoire commence le jour où les fondateurs du label ont l'opportunité de racheter à la VRT une quantité énorme de CDs, envoyés au fil des années à la station radio par des artistes espérant secrètement y être diffusés. Dans le tas, des disques ou des groupes engloutis par le passé, des projets avortés, des démos épicées, des plaques promotionnelles ou encore des Face B, parmi lesquelles se planquent quantité de perles oubliées. C'est donc assez naturellement que l'idée de les compiler est née. Sur ce premier volet – dont la sortie est annoncée mi-novembre – , on trouve des visages familiers (dEUS et son très punk "My Wife Jan", l'excellente formation gantoise de portables, Monsoon...) mais surtout d'illustres méconnus.

Des vingt pistes de cette copieuse galette, nous retiendrons d'abord "The Spider in Love", intro électrique offerte par Two Russian Cowboys (né des cendres des Ugly Papas), bardée de cordes entraînantes et du timbre de sale gamine de Cleo Dufourmont. Plus loin, on aimera le foutraque "Teasin" de SeXmachines (avec Danny Mommens de Vive La Fête), puis l'on appréciera à sa juste valeur la découverte de Wizards of Ooze et du morceaux "Bright Day", petite parenthèse jazzy cool ensorcelée par la voix de Sabine Kabongo (Zap Mama).

Deux ou trois chansons en français se sont aussi glissées dans la sélection. De celles-là, on conseillera surtout l'écoute du "Sage" de Pop Machine, un peu moins les contributions de Starving ("La Plage") ou de Volt ("Rincez-moi"). L'un ou l'autre titre dans la langue de Vondel sont présents également, dont on soulignera surtout la trame typiquement grunge-pop de Prediker sur "Apocalyps Picknick" en fin de disque. Des Belgian Nuggets qui d'ailleurs conservent jusqu'au bout leur saveur, puisque les deux dernières plages sont peut-être celles que nous aurons préférées : la formation Maxon Blewitt (et la voix de Bjorn Eriksson, après Zita Swoon et avant Eriksson Delcroix) avec "Mexicali", voyage folk épidermique que ne renierait aucun fan des regrettés Venus ; et les rêveries marmonnées de Gèsman sur "Psychologica", qui nous replonge avec délectation dans nos amours passés pour le catalogue d'Anticon et les mélodies d'un groupe comme Fog.