Musique / Festivals

D’un côté Bertrand Burgalat, de l’autre, Benjamin Schoos. L’un est français, l’autre belge. Si le premier vient de sortir son 5e album studio, "Les choses qu’on ne peut dire à personne", le second publiait au printemps dernier "Profession chanteur", histoire de célébrer ses 20 ans dans la chanson. Ils sont, chacun, à la tête d’un label. Tricatel pour Burgalat. Freaksville pour Schoos. L’un va avoir 54 ans, l’autre fêtera ses 40 ans en décembre prochain. Malgré leur différence d’âge, ils ont plus d’un point en commun. Tous deux sont d’authentiques artisans du son, d’audacieux touche-à-tout.

Alors qu’ils affichent une sorte de distance par rapport à tout ce qui est "in", ils ne sont pas du tout "off". Ils sont peut-être même à l’avant-garde. Avec cet air de ne pas y toucher, on leur donnerait le bon Dieu sans confession. Même s’il s’en défend, Bertrand Burgalat semble cultiver son côté vieille France (son costume, ses lunettes). Benjamin Schoos, lui, affiche une sobre élégance (ses lunettes, son costume). Surtout ne pas se fier aux apparences.

Burgalat comme Schoos ne sont pas des chanteurs à voix. Loin de là. Leur parlé-chanté est empreint d’un débit mélancolique qui teinte leur production d’une indéniable texture surannée ; leurs mélodies rappelant les seventies pour l’un, les sixties pour l’autre. L’évidence s’imposait : les réunir autour d’une même table à l’occasion de la publication du nouvel opus de Bertrand Burgalat. Une admiration réciproque les habite. Chacun connaît le travail de l’autre.

La pochette des "Choses qu’on ne peut dire à personne" intrigue Benjamin Schoos, de la même façon que l’esthétique de "Portrait robot" l’avait marqué. "On est tous narcissiques, mais je ne suis pas à l’aise dans le fait de mettre en avant mon image. Cette fois, j’ai fait appel à un peintre, Guillaume Pinat. Pour ‘Portrait robot’, il s’agissait d’un vrai portrait robot d’identité judiciaire. J’avais envoyé une amie me décrire. A chaque fois, c’est un jeu", rigole l’intéressé, derrière ses solaires bleutées.

(...)