Musique / Festivals Les membres de Noir Désir démentent être à l’origine des révélations sur le caractère violent de Bertrand Cantat publiées par Le Point. Le chanteur va porter plainte pour diffamation ou injure. 

Qui a dénoncé le caractère violent de Bertrand Cantat et le fait que les témoins appelés à la barre lors du procès de Vilnius ont menti à son sujet ? Dans son enquête parue cette semaine, le magazine Le Point publie les propos d’un témoin anonyme présenté comme un ancien membre de Noir Désir. Le problème étant désormais que tous les musiciens démentent s’être confiés à l’hebdomadaire et avoir tenu ces propos.

Le dernier en date à avoir réfuté être à l’origine de ces “révélations”, c’est Serge Teyssot-Gay. Le Parisien a dévoilé le contenu d’un SMS que l’ex-guitariste du groupe bordelais a envoyé un collaborateur de la maison de disque du chanteur. “Je suis plus qu’excédé de toutes ces histoires, qui ne me regardent pas, écrit-il. Pour ma part comme tu as pu le constater depuis des années, je réponds à des interviews qui concernent exclusivement mon travail, tout en devant régulièrement refuser ou stopper des questions annexes de journalistes en mal de scoops. Je n’ai plus rien à voir avec personne du groupe et m’occupe exclusivement de ma musique.” Ces propos ont été actés par l’avocat de Bertrand Cantat qui a annoncé samedi qu’une plainte va être déposée par le chanteur pour diffamation ou injure contre Le Point.

Vendredi pourtant, c’est sur Serge Teyssot-Gay qu’étaient braqués tous les regards suite à la diffusion d’une vidéo sur Facebook. Les deux autres membres de Noir Désir, Denis Barthe et Jean-Paul Roy, y démentent fermement être à l’origine des propos publiés par le magazine à qui ils exigent des excuses immédiates.

Pour Maître Antonin Lévy, l’avocat de Bertrand Cantat, les quatre membres de Noir Désir réfutant être responsables des révélations parues cette semaine, cela signifie que “les propos prêtés à un membre de Noir Désir par Le Point sont donc faux. Ce n’est qu’une des fausses imputations contenues dans cet article qui n’est fait que de calomnies dénuées de tout fondement.”

De son côté, cité par Le Monde, le directeur de l’hebdomadaire maintien “l’intégralité de l’enquête, chaque mot, chaque lettre.” D’où cette question : qui se cache derrière le témoin anonyme qui aurait parlé au Point ? On pense à Fred Vidalenc qui ne s’est pas exprimé jusqu’ici. Mais le bassiste a quitté Noir Désir en 1996. À moins qu’il ne s’agisse d’un membre de l’équipe technique qui accompagnait le groupe…

Bertrand Cantat a été condamné à huit ans de prison après la mort de sa compagne Marie Trintignant en 2003, à Vilnius. Le chanteur lui avait asséné pas moins de 19 coups au visage et au ventre. Dans son enquête, Le Point dénonce l’omertà qui régnait autour de ce dernier avant et après le drame. Le témoin qui s’est confié à l’hebdomadaire affirme qu’il connaissait le caractère violent de Cantat bien avant la mort de Marie Trintignant et l’avoir volontairement caché lors du procès en Lituanie à la demande de Kristina Rady, l’épouse du chanteur. Celle-ci ne souhaitait pas que ses enfants apprennent que leur père était violent.