Musique / Festivals

Il y a des comportements que le public ne pourra jamais pardonner. Artiste brillant, engagé et extraordinairement populaire avec le groupe “Noir Désir” dans les années 90, Bertrand Cantat est également doté d’une face sombre qui l’a conduit à violenter sa compagne – la comédienne Marie Trintignant – jusqu’à entraîner sa mort lors d’une dispute conjugale survenue en 2003.

© Johanna De Tessi�re

Acculé, Cantat a rapidement reconnu les faits. Il a été condamné par la justice pour homicide, avant d’être libéré sous condition trois ans plus tard.

L’homme s’est ensuite fait discret, mais l’artiste a rapidement pris le dessus et Bertrand Cantat a fini par revenir à la vie publique à la surprise générale.


Il s’est d’abord associé au bassiste Pascal Humbert pour former le groupe “Detroit” en 2013. Un retour réussi sur le plan musical, qui a immédiatement provoqué une levée de boucliers au sein d’une partie du public, choqué à l’idée de voir le chanteur retrouver la scène, les applaudissements et les “Unes” des magazines.

Aujourd’hui, voilà qu’il fait un second retour, sous son nom cette fois, avec un album solo à paraître en décembre, qui lui a valu de faire la couverture du magazine “Les Inrockuptibles” de mercredi et de créer une nouvelle onde de choc.

© Inrockuptibles

Si certains considèrent que le chanteur a purgé sa peine, payé sa dette et dispose donc du droit de se reconstruire, d’autres estiment que son retour sur le devant de la scène est une injure et que les bourreaux ont souvent plus de visibilité que les victimes.

Mercredi, une foule d’anonymes a donc manifesté son mécontentement sur les sacro-saints réseaux sociaux. La secrétaire d’Etat française à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s’est “personnellement” indignée, et d’autres personnalités ont estimé que Bertrand Cantat n’avait tout simplement pas le droit de se voir prêter publiquement une oreille compatissante.

Tant que le chanteur reviendra, le débat ressurgira, et ces faits le poursuivront à tout jamais.