Musique / Festivals

Depuis sa naissance officielle auprès du grand public avec la sortie du premier album de Black Sabbath en 1970, le Heavy Metal n’a cessé d’étendre ses ramifications et de fournir des musiciens de qualité (lire notre dossier).

Fort de cette diversité musicale, le genre a toujours été foisonnant et créatif. À tel point qu’il existe aujourd’hui une septantaine de sous-genres possédant chacun leurs propres codes et répondant aux doux noms de Death Metal, Black Metal, Doom Metal, Pagan Metal, Hardcore, Metalcore et bien d’autres. Petit passage en revue non-exhaustif des sous-genres qui font référence.

Hard Rock/Heavy Metal

AC/DC "Let There Be Rock (1977) - Iron Maiden "The Number Of The Beast (1982)

Impossible de distinguer les frères de sang: Heavy Metal et Hard Rock ne font qu'un, et cette vieille légende de Lemmy Kilmister (Mötorhead) refusait catégoriquement toute autre appellation que "Rock'n'roll". Dès le milieu des années 60, les Who, les Kinks et dans une certaine mesure les Beatles se sont amusés à muscler le son du bon vieux rock'n'roll de papa. Avant que Led Zeppelin n'impose ses riffs lourds, et que débarquent une flopée de formations aussi variées que Black Sabbath, Deep Purple, et plus tard, AC/DC ou Iron Maiden. Toutes très différentes et regroupées l'une de ces deux catégories maîtresses.

Vestimentairement, on est dans le jeans des pieds à la tête avec un délicat nappage d'écussons pour colorer l'ensemble et une paire de grosses boots aux pieds. Cuir et frange capillaire tolérés selon les cas.




Hair Metal

Mötley Crüe "Girls Girls Girls" (1987)

Attention: glamour en vue ! Pendant que les fanatiques d'AC/DC jouent aux gros durs, d'autres affirment leur style et privilégient les slims au jeans. Dignes héritiers des New York Dolls, Mötley Crue, Poison et autres Bon Jovi libèrent leurs crinières, sortent maquillage et collants, et osent parfois la choucroute. On reste dans le gros son pour motard assoiffé de bière et de bitume, mais les poses ont changé, et la virilité n'a jamais été aussi efféminée.




Thrash Metal

Slayer "Raining Blood" (1986)

Né au Etats-Unis dans les années 80 avec le carré d'as Metallica, Anthrax, Slayer et Megadeth, le Thrash, c'est du fast and furious : tempo ultra rapide, tonalités plutôt aiguës pour les guitares et les voix, interminables solos virtuoses et utilisation de la double pédale de batterie à fond la caisse. Pour en jouer, mieux vaut avoir la santé ! D'autant qu'il s'accompagne de la pratique dangereuse pour les cervicales et quasi obligatoire du headbanging (y compris pour le public), un tournoiement de tête (et en rythme s'il vous plaît) du plus bel effet quand le headbanger porte les cheveux très longs. Des groupes comme les Brésiliens de Sepultura, les Américains de Pantera ou les Allemands de Kreator font aussi partie des références du genre.

Le look est viril, noir, cuir et clous. Une poignée de musiciens flirte avec l'iconographie fasciste quand d'autres délivrent des textes socialement engagés. Dans les concerts, les petites natures ont intérêt à se planquer au fond de la salle puisque le stage diving (plongeon dans la foule depuis la scène) ainsi que le mosh et ses ses variantes (télescopages plus ou moins violents des "danseurs") sont monnaie courante.




Death Metal

Death "Infernal Death" (1987)

Curieusement, ce genre extrême et sombre du métal est né au milieu des années 80 sous le soleil de Floride et de Californie, avec les groupes Death et Possessed, bien loin des lugubres terres scandinaves où il s'est épanoui une décennie plus tard (Entombed, Unleashed, Dismember...) voire de la pluvieuse Albion (Bolt Thrower, Napalm Death, Carcass...).

Le Death Metal, c'est une musique agressive, ultra rapide mais ponctuée de breaks plus lents, aux guitares et basses bien distorsionnées. Le chant est grogné, arraché, guttural et ça parle de sang, de boyaux, de mort, de mutilations et autres joyeusetés dont on vous épargne les détails. Pour le look,du noir, du cheveu long et des T-shirts de groupes aux logos plus illisibles les uns que les autres.



Doom Metal

Cathedral "Ebony Tears" (1991)

Le Doom, c'est lourd et c'est tellement lent que le batteur a le temps de se fumer une clope entière entre deux frappes. Ce genre doit tout aux premiers albums de Black Sabbath et ses précurseurs sont Witchfinder General, Pagan Altar, Candlemass et Saint Vitus.

Paroles assez sinistres voire macabres, parfois teintées de références à Dieu, à la sorcellerie ou de psychédélisme. On l'aura compris, pas de rose fluo à l'horizon mais bien du noir. Port de la croix (inversée ou non) optionnel.




Industrial Metal

Fear Factory "Demanufacture" (1995)

Style qui mélange du heavy metal, plus ou moins brutal, avec des samples, des sons industriels faits au synthé et qui substitue ou double son batteur avec une boîte à rythme. Parmi les groupes emblématiques du genre, on peut citer Ministry, Rammstein, Nine Inch Nails, Tool, Godflesh, Nailbomb, Red Harvest.

Depuis 25 ans, les Américains de Fear Factory produisent des concept albums où ils décrivent un monde futur inquiétant où l'homme est asservi par les machines. Le soundtrack cyberpunk parfait de Terminator,




Gothic Metal

My Dying Bride "A Sea to Suffer in" (1995)

Sortez les violons (ici, littéralement avec les Anglais de My Dying Bride) et les mouchoirs : amis du vague à l'âme, du marasme sentimental, de la torture psychologique et vous qui pensez que la vie est si pesante, le Gothic Metal est fait pour vous. Parfois proche du Doom, ou plus pop, voire lyrique, il combine riffs et rythmes métal avec des mélodies et des thèmes gothiques.

C'est dans le Nord de l'Angleterre qu'on trouve les groupes ayant forgé ce genre élégant et raffiné : Paradise Lost, Anathema et My Dying Bride. Les femmes (chanteuses) trouvent davantage leur place dans ce courant du métal que dans d'autres. Au rayon vestimentaire, que du noir, évidemment. La dentelle et les chemises à jabot ne sont pas interdits.




Black Metal

Venom "Countess Bathory" (1982)

Prenez des suppôts de Satan (réels ou supposés), des pentagrammes, une grosse louche de grand-guignol avec des mises en scène pseudo-sanglantes et des grimaces à la pelle, des musiciens maquillés comme des voitures volées (version cadavres) qui portent du cuir, arborent des poignets à clous, des ceintures à balles et qui te regardent comme s'ils voulaient ta peau : bienvenue dans le monde merveilleux du Black Metal.

C'est encore et toujours Black Sabbath qui est à l'origine du genre et qui a inspiré Venom, Bathory, Sodom ou Morbid Angel dans les années 80. Dès le début des années 90, une scène norvégienne particulièrement inquiétante a émergé. Des satanistes purs et durs, pour certains proches des milieux fascistes ou inspirés par la mythologie viking, qui se sont rendus tristement célèbres pour avoir commis des meurtres et incendié des dizaines d'églises en Norvège. D'autres on eu le bon goût de se suicider.




Death 'n' Roll

Entombed "Hollow Man" (1993)

Genre hybride, pêchu et réjouissant du métal, apparu dans les années 90, le death 'n' roll mêle, pour le tempo plus lent et les solos de guitare, du bon vieux hard rock des seventies avec la puissance, la distorsion et le chant guttural du death metal.

L'album pionnier et mètre-étalon ("Wolverine Blues"), on le doit aux Suédois de Entombed, qui venaient du Death Metal, tout comme d'autres groupes qui ont opéré la conversion : Gorefest, Six Feet Under, Unleashed, Carcass. Un style parfait pour se trémousser et une excellente porte d'entrée vers le métal extrême.



Nu Metal

Korn "Blind" (1994)

Les années 2010 consacrent une nouvelle approche: l'hybridation. On ne crée moins de sous-genres, on les fait fusionner entre eux pour explorer de nouvelles pistes. Mais la méthode existait déjà par le passé et a donné naissance au Nu Metal (ou Néo-Métal), qui fusionne, dès la moitié des années 90, Rap Metal, Groove Metal, Hardcore et d'autres, tout en innovant d'un point de vue instrumental (lire à ce sujet la BD "Heavy Metal" de Jacques De Pierpont et Hervé Bourhis).

Comme l'écrivent les deux auteurs, les basses passent à cinq et six cordes, les guitares à sept, et les effets digitaux font leur entrée. Le slap (ou slapping), qui consiste à donner plus de percussion à sa basse en la maltraitant, est abondamment utilisé par des groupes comme Korn, et le sous-genre est vaste. Plus rap et commercial, Limp Bizkit fait un carton avec "Chocolate Starfish and the Hot-Dog Flavored Water" (2000). Slipknot privilégie une approche frontale, et System Of A Down, des refrains mélodieux et puissants, alors que Korn et les Deftones sont généralement considérés comme les chefs de file les plus respectés. Niveau fringues, enfin, on ratisse large. Difficile de saisir un style, mais les shorts taille XL, les vans et les dreads ont largement supplanté les collants.