"Boiler Room" ou le retour de la musique à la télé

Dauchot Valentin Publié le - Mis à jour le

Vidéo
Musique / Festivals Une “Boiler Room” est organisée à Bruxelles, jeudi soir. Décryptage de ce concept à succès né en Grande-Bretagne en 2010.

Les amateurs de musique électronique sont familiers des termes "Boiler Room". Dès qu'ils veulent visionner une vidéo "live" de leur DJ préféré sur Youtube, ils tombent sur ces deux mots-clés. Suivent alors des images de l’artiste recherché en pleine action dans un lieu généralement inconnu, étriqué, où dansent trois tondus et deux pelés. A priori, rien de transcendant nous direz-vous, si ce n’est que depuis sa création en Grande-Bretagne en 2010, ce concept s’est imposé, délocalisé - notamment à Bruxelles où une soirée de ce type est organisée jeudi soir - et a fini par créer un marché qui ne repose pas tant sur la prestation du DJ filmé que sur sa retransmission en direct dans le monde entier.


Disparition de MTV et Top of the Pops

Exclusivement accessibles sur invitation ou inscription préalable, ces concerts à public réduit sont vécus "sur place" par une petite centaine de privilégiés. Mais les vidéos de ces performances, diffusées en direct et consultables à l’infini, sont régulièrement visionnées par plusieurs dizaines de millions d’internautes.

Pour le directeur du développement de "Boiler Room", Steven Appleyard, l’objectif n’est donc pas de se contenter de filmer quelques showcase pour les diffuser, mais de créer une véritable chaîne de télévision dédiée à la musique live. "Dans les années 80-90, des chaînes de télévision comme MTV ou des émissions comme Top of the Pops diffusaient les concerts de groupes incroyables comme Blur, Oasis ou The Prodigy, dont les performances étaient regardées par des millions de téléspectateurs" se remémore le Britannique. "Mais avec l’arrivée du téléchargement illégal, les labels se sont concentrés sur les artistes rentables, les chaînes de télévision consacrées à la musique live ont manqué de matière, et elles se sont tournées vers la téléréalité quand elles n’ont pas tout simplement disparu, emportant avec elle l’accès des artistes moins ‘mainstream’ à un public de masse."


Une vieille chaufferie

Liés à des degrés divers au monde de la musique électronique, Steven et ses amis londoniens décident donc en 2010 de donner eux-mêmes une visibilité à leurs copains musiciens, essentiellement actifs sur la scène techno. "On a trouvé un vieux bâtiment des années 30 qui abritait une chaufferie ("Boiler Room en anglais", NdlR) et on y a fait jouer nos amis devant une (caméra) GoPro scotchée au mur d’en face" poursuit Steven Appleyard. "Le bâtiment tombait en ruines, il y avait des fientes de pigeons partout, mais on a diffusé ces prestations sur un site de streaming (diffusion en continu sur internet, NdlR) à l’aide d’une technique qui ne coûtait pratiquement rien." Chaque semaine des vidéos sont tournées dans de nouveaux lieux et enregistrent des centaines, des milliers, puis rapidement, des millions de vues en ligne.


Une Boiler Room à Bruxelles et dans le noir

Passé du concept à la marque déposée, "Boiler Room" organise des shows toujours aussi intimistes, mais désormais filmés aux quatre coins de la planète et dans des styles plus variés. "Nous avons commencé avec la techno parce qu’il s’agissait de la 'scène' la plus excitante de Londres et de Berlin où nous avons lancé nos activités" précise Steven Appleyard "mais nous adaptons notre programmation aux spécificités locales : le hip hop instrumental à Los Angeles, l’électro disco à New York, en restant toujours dans la musique alternative. Les artistes ‘mainstream’ ont de toute façon une visibilité médiatique à eux." "Ces diffusions ‘live’ne représentent d’ailleurs plus que 50 % de nos activités" ajoute-t-il. "Le reste est composé de reportages musicaux, et tout ce contenu est désormais accessible sur les télévisions connectées via Apple TV, et bientôt Playstation et Amazon . Si vous voulez écouter du rock ou du hip hop vous allez sur Spotify, si vous voulez un DJ vous allez sur Soundcloud, mais quand vous rentrez chez vous et que voulez voir un programme musical à la télévision, il n’y a rien. C’est là que Boiler Room veut se placer".


Jeudi soir, "Boiler Room" débarquera donc à Bruxelles avec un nouveau concept : "Into The Dark". Une "Boiler Room" classique, dont le lieu et les DJ’s ont été dévoilés à la toute dernière minute et qui seront en l'occurence Charlotte de Witte et Laurent Garnier. Pour y participer, une seule solution : s’inscrire sur le site officiel et prier pour être tiré au sort. Pour les autres, il ne reste plus qu’à se connecter... et visionner le concert ci-dessous:


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