Musique / Festivals Petite sélection non-exhaustive des albums qui ont atterri sur nos platines ces dernières semaines. Au menu: The Strypes, Imagine Dragons et Haïm.

The Strypes - "Spitting Image" ** (Universal)



Dans la catégorie "gamins précoces" voici "The Strypes", quatre ados irlandais âgés de 17 ans à peine lorsqu'ils sortent leur premier album "Snapshot" en 2013. Complètement acquis au rock sixties et seventies - et donc,complètement anachroniques - ils balancent avec une énergie communicative de belles petites patates rock'n'roll dopées aux envolées d'harmonica. L'ensemble n'est pas révolutionnaire, voire un peu gentillet par moments et trop pop par moments en ce qui nous concerne, mais les choses fonctionnent et voilà que les camarades de lycée sortent aujourd'hui leur troisième disque "Spitting Image". Au rayon des bonnes nouvelles, notons que la voix des deux chanteurs s'est affirmée, ce qui donne naturellement plus de consistance à leurs morceaux. Les Irlandais tentent également de faire évoluer leur univers et livrent quelques plages plus "Bluesy" comme l'excellent "Garden of Eden" qui n'est pas sans rappeler les Doors. Ce qui n'empêche pas les "Strypes" de donner par moments le sentiment qu'ils tournent en rond à force d'appliquer la même recette sixties à toutes leurs compositions.

Imagine Dragons - "Evolve" * (Universal)


En voilà quatre qui sont régulièrement annoncés comme les nouveaux messies par leur maison de disques. Avec un Grammy Award et un premier album platinium en poche, rien ne semble pouvoir arrêter "Imagine Dragons", qui a donc sorti fin juin sa troisième plaque: "Evolve". A la première écoute, cette electro-pop très chorale teintée de RnB semble plutôt bien produite et taillée sur mesure pour faire balancer les bras de gauche à droite dans les plaines des grands festivals. Avec ses refrains chantants à la "Bastille" et ses percussions tribales, la formation de Las Vegas va sans aucun doute rameuter les auditeurs acharnés de la bande FM. Mais il y a un hic. Après trois morceaux, tout cela semble creux, vain, inintéressant. Dan Reynolds sait chanter, on lui concède, mais il force tellement le trait qu'on prie après quelques minutes pour que le timbre mielleux de sa voix soit moins mis en avant par la production. Certains morceaux comme "Walking the wire" vont même jusqu'à rappeler les pires compositions de certains Boys Bands des années 90. Les jeunes adolescentes à la sensibilité ultra développée vont adorer, il n'y a rien de mal à cela. Pour le réel intérêt musical, en revanche, on repassera.


Haim - "Something to tell you" * (Universal)


Avec "Days Are Gone", les trois sœurs de Los Angeles nous avaient intrigué. Leur pop folk ouvertement désuète avait un côté rafraîchissant, et Haïm prenait en live une dimension rock'n'roll fort intéressante. Dès l'ouverture de ce second album baptisé "Something to tell you", c'est la déception: la référence aux années 90 a disparu et l'audace cède brutalement la place à une pop tout ce qu'il y a de plus standard. Viennent ensuite "Nothing's Wrong" et "Little of your love" deux incursions étranges dans un country folk qui n'est pas sans rappeler les "Corrs". L'espoir est permis, mais un peu de RnB et quelques plages disco pop plus tard, le verdict tombe: "Haim" conserve son univers mais tourne un peu en rond et pioche sans cesse dans les genres musicaux des dernières décennies pour masquer un certain membre d'inspiration. L'ensemble n'est pas désagréable et s'écoutera volontiers sur le trajet des vacances entre deux annonces de "Bison Futé". Mais le disque restera fort probablement dans la boîte à gants pour le retour.