Musique / Festivals Programmation 17-18 ouverte, multiple et engagée. Renfort des partenariats.

Le regretté Harry Halbreich serait heureux : au bout de 50 ans d’attente et de déboires, l’orgue de la salle Henry Le Bœuf est enfin restauré, équipé, harmonisé. Et pour que nul ne l’ignore, Benoît Mernier ouvrit mercredi la conférence de presse de Bozar Music par une impressionnante improvisation. A ce titre au moins, "The Sound of Change", qui symbolise la saison 2017-2018, n’est pas qu’un slogan, un festival d’"Inorguration" le confirmera d’ailleurs en septembre, avec, notamment, la création d’un concerto pour orgue et orchestre de Mernier.

Quant à la saison proprement dite, ses grandes lignes, le choix des artistes, les différents thèmes animant les séries nous ont semblé fermement orientés sur une prise de responsabilité accrue des organisateurs, à commencer par Paul Dujardin. Et ce à plusieurs titres : dans le rapport à l’histoire - notons les anniversaires de la Première Guerre mondiale, de la Révolution russe et de Mai 68 -, dans l’ouverture aux cultures des minorités, aux cultures dites "du monde" (en est-il d’autres ?) et aux cultures extra-classiques, dans l’ouverture aux nouveaux publics, aux enfants et aux jeunes.

Pléthore raisonnée

Si le directeur artistique de Bozar Music, Ulrich Hauschild, a pu mentionner des noms prestigieux - tout spécialement du côté des grands orchestres, en nombre pléthorique -, il a également souligné des choix de répertoire originaux et forts, liés aux préoccupations mentionnées plus haut. On observera la présence réitérée d’élus du grand public : Gidon Kremer, Daniel Barenboïm, Renée Fleming, Cecilia Bartoli ou Philippe Jaroussky, et l’arrivée d’artistes espérés de longue date, tels Wynston Marsalis ou Andris Nelsons.

Certains auront droit à un "portrait", tels Boris Giltburg, Igor Levit (suite de l’intégrale Beethoven), François Lazarevitch, Justin Taylor ou Ray Chen, et quelques jeunes talents seront mis à l’honneur, tel Alberto Ferro, prix du public RE 2016. Outre les responsables des différents "départements" (Jérôme Giersé, en vidéo depuis Cape Town, pour la musique ancienne, Roel Vanhoeck, pour le jazz, et l’incroyable Tony Vander Eecken, pour les musiques extra-européennes, le flamenco, les musiques d’Indonésie, de Chine et de Turquie, etc.), on entendit aussi - fait rare - les partenaires de premier rang, tels Hans Waege, pour l’ONB, Sophie Detremmerie pour le Festival de Flandre, Jerry Aerts pour deSingel et l’Elisabethzaal, et Mohamed Ikoubâan pour Moussem. Seul bémol : l’absence tonitruante de partenaires de la Fédération Wallonie Bruxelles.

Infos: www.bozarmusic.be