Musique / Festivals

De Liège à Bruges, la météo qui s’annonce globalement agréable réjouira plus d’un festivalier en ce week-end bien achalandé (Ardentes, Cactus, Lasemo…). Le 39e Brosella Folk & Jazz espère ainsi attirer, au total, 25 000 personnes en deux jours. Un festival original à divers égards, notamment par sa double identité (folk le samedi, jazz le dimanche).

Un cadre insolite

A deux pas de l’Atomium, le Théâtre de verdure du parc d’Osseghem est un site magnifique - et, bizarrement, assez méconnu. Les festivaliers y prennent place debout ou assis, sur des chaises et autres tapis (on peut apporter son matériel). Les concerts se donnent en alternance sur deux scènes. L’événement est presque gratuit et ce grâce à l’intervention massive des pouvoirs publics (environ 70 % du budget). En guise de sésame, le festivalier est invité à acheter un "bracelet de l’amitié" (5 €) donnant droit à 1 euro de réduction sur les boissons.

Hors des sentiers battus

La plupart des noms à l’affiche du Brosella - en particulier cette année - ne diront rien au citoyen lambda, "mais bien aux connaisseurs - ce sont des noms de niche", indique Henri Vandenberghe, créateur et (jusqu’en 2016) responsable du Brosella. Et de citer Ulf Wakenius, guitariste de jazz suédois "hors pair, qui a tourné avec les grands (Ray Brown, Oscar Peterson, Youn Sun Nah…)" et présente son propre quartet ce dimanche. Le Brosella voit large, faisant se côtoyer l’Anglaise Martha Tilston qui pratique un folk guitare-voix classique, l’ensemble de musique ancienne Zefiro Torna qui s’acoquine avec le trio jazz Frank Vaganée (sur des poèmes de Pétrarque), ou encore S.A.R.S., groupe-phare de la scène serbe, qui mêle musiques traditionnelles et hip hop, blues, pop et reggae. "Des groupes qu’on a envie de faire découvrir, alors que les gens ne les entendront jamais à la radio parce qu’ils ne sont pas commerciaux. Une passion qu’on a envie de partager" indique Henri Vandenberghe.

Un tremplin

Une place est faite aux jeunes pousses et aux créations dans ce festival volontiers fréquenté par des programmateurs de concerts. Pointons Antoine Pierre. A 22 ans, ce batteur affiche déjà un solide CV (formation à New York, collaborations avec de grands jazzmen, membre de LG Jazz Collective et de TaxiWars…). Au Brosella, il présentera son propre projet (et album à venir ) : Antoine Pierre Urbex, octet dans lequel l’accompagnent Jean-Paul Estiévenart (trompette), Toine Thys (sax), Bert Cools (guitare)… Le bassiste Dries Laheye (BRZZVLL, STUFF…), quant à lui, s’est vu proposer une carte blanche. Improviation et groove seront les lignes de force du projet "Kan-Kan" (jazz-fusion) qu’il a monté pour le Brosella.

Enfants bienvenus

Festival familial ("de plus en plus fréquenté par les jeunes et un public de moins en moins pointu", observe une fidèle festivalière), le Brosella a son espace spécialement consacré aux enfants. Au menu : installation interactive, ateliers créatifs, psychomotricité pour les bambins. Mais aussi atelier de danse et percussions en compagnie du groupe Ialma (samedi) et fanfare jazz surprise (dimanche). "Pas de zone VIP", par contre, au Brosella. "Ici, les musiciens ne sont pas dans des cages, sourit l’organisateur. Ils se mêlent au public." S.L.

Infos : brosella.com