Musique / Festivals

BRUNO CALICIURI, dont le petit nom de scène est Cali pour éviter que l'on ne grommelle son patronyme, est originaire des environs de Perpignan. Son premier album, intitulé «L'amour parfait», fut une révélation l'été dernier.

Formé à la musique par les «baloches» de sa région, Bruno Caliciuri a eu la chance de décrocher à trente-quatre ans un contrat tombé du ciel. Depuis, il en profite chaque seconde, il tourne sans arrêt. Avec une étape au Botanique à Bruxelles, lundi soir, après être déjà passé aux Nuits Bota en septembre, et un autre mercredi soir à la Soundstation de Liège.

Cali a conquis son public avec, sur les traces du premier single «C'est quand le bonheur?», le dessin d'un univers fait de tourments amoureux et des doutes existentiels de la trentaine. «Je dédie cette chanson à tous ceux dont la vie amoureuse est un chaos», clame-t-il en entamant un «Besoin d'amour» très prenant. Pas à dire, l'homme a de la trempe et traverse la scène avec des gestuelles dignes d'un troubadour. La communion avec le public est réelle. La violoniste alto Aude Massat tisse une toile de charme et de sons. L'univers rappelle Miossec ou Dominique A, certaines intonations, façon plus surprenante, le Nicolas Sirkis d'Indochine. Même enthousiasme, même élan adolescent. Des références, aussi. Cali joue avec une vieille radio sur la scène, laisse écouter quelques notes des Clash, d'opéra, de Marilyn Monroe, d'«Ici Londres» avant d'entamer son tube et de susciter des vagues d'enthousiasme. L'énergie du désespoir d'un lâché de l'amour.

Dans la foulée de ce feu follet, le Belge Jeff Bodart a eu quelque peu du mal à capter l'attention du public malgré un coeur gros comme ça et une dynamique de scène très vivante. Son dernier album, «T'es rien ou t'es quelqu'un», s'avère plus touchant que jamais. Ces instantanés de la vie passent bien sur scène. Sans être aussi flamboyants que celle d'un troubadour libertaire venu du Sud.

© La Libre Belgique 2004