Musique / Festivals

Le Grenoblois a totalement maîtrisé son sujet, samedi soir, aux 25èmes Francofolies de Spa.

"J'ai envie de dire que c'est une machine de guerre" nous lâche fièrement l'un des organisateurs des Francos lorsque nous revenons avec lui sur le concert que vient de donner Calogero, ce samedi soir. Le chanteur/bassiste/compositeur français vient tout juste de ponctuer son triomphe annoncé sur la scène "Pierre Rapsat", et le public commence lentement à se retirer.

"Calo" est bien plus qu'un habitué. En 1996, avant de devenir la superstar que l'on connaît aujourd'hui, le bassiste était déjà venu faire ses gammes dans la région avec "Les Charts", qu'il formait à l'époque avec son frère Gioacchino. Depuis, il y repasse lors de chaque tournée, et draine un public de fidèles qui semble le suivre à chaque concert.

© Alexis Haulot

Comme nous l'avions déjà constaté la veille avec Francis Cabrel, la disposition de la grande scène est un peu limitée pour un artiste de cette ampleur. Vers 22h30, soit quelques minutes avant sa montée sur scène, la foule s'étend jusqu’à parterre qui borde… la seconde scène du festival, où aucun groupe n'est évidemment programmé à cette heure.

Vêtu de son accoutrement habituel - pull noir, veste en cuir noir - et entouré de ses cinq musiciens habituels, le bassiste sort immédiatement l'artillerie lourde en lançant "Face à la mer". Si ce n'est… que sa basse n'est pas branchée. Pour être honnête, nous n'entendons pas franchement la différence, et le morceau est joué en intégralité, mais Calogero le signale et s'en amuse même à moitié. Suivent "Julie" puis "En Apesanteur" pour cueillir d'entrée de jeu les fanatiques et les curieux.

© Alexis Haulot

Il ne fait pas dans le sentimentalisme, mais Calogero joue, minaude, titille son public et en ferait presque un peu trop. Mais la mécanique est bien huilée, et le public - même éloigné - est réceptif. Issu d'une famille d'immigrés italiens, il lâche un petit mot sur le sujet avant de lancer "Prendre racine", poursuit avec "C'est dit", "1987" et "Fondamental" et délaisse quelque peu le rock pour des balades pop.

Avec un tel répertoire, un public aussi fidélisé, et d'excellents musiciens multi-instrumentistes, on ne voit pas très bien ce qui pourrait encore clocher. Le public chante sur "Fidèle" et "On se sait par cœur" avant d'avoir droit à un deuxième "Face à la mer"… avec de la basse. Calo est venu, a vu, a vaincu, et les Francos tiennent le concert puissant et rassembleur de leur 25ème édition.

© Alexis Haulot