Catherine Ringer, icône pop malgré tout

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À l’image des Sparks ou du regretté Jacques Higelin, Catherine Ringer est une artiste inclassable, tout comme le sont les disques des Rita Mitsouko, le groupe qu’elle formait avec son compagnon Fred Chichin, ou encore ses projets en solo depuis la disparition de ce dernier en 2007. Fin 2017, elle a sorti son second album personnel, le remarquable Chroniques et Fantaisies. Un disque à la fois baroque, loufoque et lumineux, ce qui n’est pas un mince exploit. Elle viendra le présenter sur la scène de Bozar le 28 avril dans le cadre des Nuits Botanique. Une soirée lors de laquelle résonneront aussi les incontournables de Rita Mitsouko, évidemment.

À l’écoute de Chroniques et fantaisies, on ne peut s’empêcher de penser aux Rita Mitsouko. C’était le but recherché ?

“Non, je n’ai pas essayé de copier. Au contraire même. Je me suis simplement laissée aller à composer dans une ambiance que j’aime bien. Mais comme j’y étais pour quelque chose dans la moitié des compos des Mitsouko, ça se ressent sans doute sur ce nouvel album.”

Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur vous. Votre voix est toujours la même…

“Elle n’a pas changé complètement mais elle est plus basse. Cependant, j’arrive toujours à chanter des titres comme 'Le Petit Train' ou 'Marcia' qui sont des chansons assez hautes. Et physiquement, je ne suis pas complètement différente mais le temps qui passe a quand même de l’effet sur ma personne. Je peux vous l’assurer.” (rire)

Ça vous fait peur cette horloge qui tourne inexorablement ?

“Non, le temps qui passe ne m’effraye pas. Il peut m’arriver d’être nostalgique mais c’est surtout le fait de me retrouver seule qui peut me faire peur.”

C’est cette peur de la solitude qui fait que vous vous sentez bien sur scène, en présence du public ?

“Je suis à l’aise parce que je sais quoi y faire même si j’ai été perturbée lorsqu’il s’est agi de remonter sur scène sans Fred Chichin. Je l’ai fait parce qu’il me disait de continuer la tournée et parce qu’on pensait qu’il allait aller mieux alors qu’il était malade. Vas-y sans moi, me disait-il. Je ne suis pas obligé d’être présent. On peut très bien faire les chansons et le spectacle sans moi. Il me disait d’ailleurs souvent qu’il se sentait moins scénique que moi. Moi, j’aime montrer des choses, danser, jouer, faire des grimaces, faire rire. Lui, il aimait beaucoup jouer de la musique. Son univers, c’était le studio.”

“On peut faire le spectacle sans moi…” Quelle modestie !

“C’est vrai, il avait une certaine modestie alors qu’en fait, c’était le mélange de nos deux univers qui donnait bien. Nous étions complémentaires. Il y en avait un qui était bien tranquille à jouer de la guitare dans son coin et l’autre qui se tortillait dans tous les sens…”

Sur votre nouvel album, vous avez écrit une magnifique chanson qui parle de lui : Tristessa. Ça n’a pas dû être facile de livrer vos émotions à propos de celui avec qui vous partagiez aussi votre vie ?

“Ce n’est pas une question de facilité ou de difficulté mais d’inspiration. Il m’arrive d’avoir des pulsions qui me conduisent à écrire certaines choses. Et quand je me relis, je me pose la question de savoir si ça vaut le coup d’être partagé ou si c’est de l’ordre de l’intime. Avec 'Tristessa', je me suis dit que le texte était beau et qu’il pouvait toucher les gens en dehors de l’histoire qui m’est personnelle.”

Vous êtes pourtant plutôt du genre à ne pas parler de vous…

“C’est vrai que je ne suis pas trop du style à raconter mes histoires. Parce qu’en ne parlant pas de moi, je me sens plus libre d’écrire. Ça me permet d’aborder des sujets qui feront l’objet d’une interprétation libre de la part des gens qui vont les écouter. Je préfère parler de moi et de mes émotions directement en chanson ou en poésie.”

Ça plaît manifestement au public qui continue de vous être fidèle…

“Le public français l’est en général, c’est connu. Les Anglais me disent qu’en France, c’est génial, il suffit d’avoir fait quelque chose pour que les gens restent intéressés et vous écoutent encore par la suite, qu’on peut continuer à tourner sans avoir une actualité. J’entends ça souvent. On n’est pas has been, on fait plutôt partie du patrimoine.” (rire)

Vous concernant, on parlerait plutôt d’icône de la pop, non ?

“Quand même pas…”

Ça vous gêne qu’on vous dise ça ?

“Non, ça ne me gêne pas qu’on le dise, mais moi, je ne me sens pas être une icône dans ma vie. Ceci étant, je sais qu’à partir du moment où les groupes ont disparu, ils deviennent un peu plus iconiques. Peut-être justement parce qu’ils sont morts…”

Votre fils joue sur votre album. Vous verra-t-on un jour partager la scène ensemble ?

“Pourquoi pas. Mais si on le fait, ce sera pour des raisons musicales et pas pour la curiosité de se montrer en tant que famille. Ça, non ! Ce n’est pas un but en soi. Il est venu en tournée avec moi en 2013 puis il est parti faire autre chose. Et je l’ai rappelé pour l’album parce que les riffs que j’avais faits, il les joue mieux. Je voulais aussi qu’il fasse des solos et invente des choses.”


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