Musique / Festivals

Les Inrocks y voient des chansons anxiolitiques, on y entend des refrains anxiogènes… Du broyage de noir déguisé en berceuse electro-pop, un tunnel sans issue éclairée par des guirlandes de Noël, un gros bad à la candeur fragile, emmitouflé de dub, d’auto-tune et de poésie. Des rengaines rêveuses et pensives, allongées dans leur plus simple appareil sur un édredon synthétique, où l'homme-Chaton – Simon Rochon de son vrai nom – nous conte ses déboires passés, son présent, ses sensations, ses envies contrariées de création... Et mène en dix pistes son introspection.


A 34 ans, celui qui jadis œuvra sous l'avatar Siméo et composa pour des vedettes du grand public telles que Jenifer ou Yannick Noah, entame une nouvelle vie/carrière en solitaire, après avoir été rincé par la précédente. Un bonne grosse dep', un burn-out de vie dont les mélodies de ce "Possible" furent à la fois remède et catharsis, et dont le musicien semble guéri aujourd'hui.


Si, de-ci de-là, parfois quelques bons mots nous auront donné chaud au cerveau, l'une ou l'autre mélodie fait onduler de la nuque en catimini, pour autant, ce premier album assez monocorde ne devrait pas vous révolutionner les écoutilles. Avant que ne passe l'effet de surprise, il parviendra un temps à vous les rafraïchir. Mais pourrait par contre s'avérer la panacée tant attendue pour les fans de Tryo, Sinsemilia et PNL. S'ils en existent qui cumulent...

© D.R.

> Chaton, "Possible", 1CD (Because/Sony Music). En concert à Bruxelles, le 4 mai lors des Nuits Botanique.